Michel Plante, au sommet de la lutte au Québec
À première vue, Michel Plante n’a rien d’extraordinaire.
Un physique correct, sans plus. Un maillot à une bretelle, un peu vieux jeu. Pas le plus spectaculaire dans l’arène. Pas le meilleur au micro. Et pas le nom de personnage qui scintille le plus.
Il pourrait être facteur, gérant d’épicerie ou encore coach au hockey.
Même qu’à travers les dernières années, plusieurs se sont demandé pourquoi Michel était si populaire.
Et la réponse se trouve dans la personne qu’il est.
Dans le vestiaire avant que les rideaux ne s’ouvrent, il est difficile de trouver un meilleur être humain. Souriant, aimable, gentil, avenant.
Et c’est exactement ce qu’il dégage lorsque les lumières s’ouvrent. Un gaillard fort sympathique, un look de voisin bienveillant et l’attitude d’un homme du peuple. Les gens le regardent et se disent, «si lui peut faire ça, moi aussi!» Un peu comme pour Kevin Owens, on s’identifie à Michel Plante. Il me fait beaucoup penser à Dusty Rhodes et son personnage de «common man».
Si bien que depuis la pandémie, il a vu sa cote de popularité monter en flèche comme peu de lutteurs au cours des 25 dernières années.
Que ce soit à Québec, Montréal, Chicoutimi ou Shawinigan, c’est la même connexion avec les fans, la même réaction des amateurs, les mêmes cris d’encouragement de la foule. Même qu’un groupe de partisans de Québec, s’autoproclamant la «Michel Nation», a commencé à le suivre et à le supporter.
Dans les différentes salles de lutte, il est le vendeur de marchandises numéro un. Vous voulez vendre des t-shirts? Placez-vous à côté de Michel.
En plus d’être le lutteur le plus populaire au Québec depuis quatre ans, il a remporté en 2025 le titre de la NSPW pour la première fois, en finale du plus gros spectacle de l’année. Il a aussi gagné le titre des Foufounes Électriques de Battlewar, le titre de la FCL et les titres par équipe de l’AWE.
Lorsqu’il fait son entrée vers le ring, l’annonceur maison l’introduit de la façon suivante : «Tout le monde le connaît... Michel Plante!»
Et bien cette année, tout le monde reconnaît la place qu’il a dans la lutte québécoise, alors que pour la première fois de sa carrière, Michel Plante trône au sommet de la lutte au Québec!
Ces prix de l’année sont les plus respectés et les plus crédibles au Québec. Ils existent sous cette forme depuis 2005. Un comité de plus de 20 personnes a été formé et choisi par l’auteur de ces lignes. Ce sont des personnalités liées au monde de la lutte québécoise, soit par leur implication pour une ou plusieurs promotions, soit par le nombre d’organisations et d’événements différents qu’ils voient chaque année.
Les rangs sont attribués selon un système de pointage. Sauf deux catégories, uniquement ce qui se déroule sur la scène indépendante au Québec est considéré et non pas ce qui se passe dans les ligues majeures (WWE, AEW, TNA, etc.)
Je suis fier d’attribuer ces récompenses année après année à des hommes et des femmes pour qui, bien souvent, la seule rétribution est une reconnaissance et souhaite que les prix de l’année dans la lutte québécoise puissent exister encore longtemps.
Prendre note que les mentions honorables sont les positions, dans l’ordre, qui suivent la personne gagnante et les trois finalistes dans les différentes catégories.
Prix Yvon-Robert/Top 10 des meilleurs lutteurs indépendants au Québec
1-Michel Plante
2-Benjamin Tull
3-Mathieu (Mononc) St-Jacques
4-Thomas Dubois
5-Marko Estrada
6-Stu Grayson
7-Travis Toxic
8-Jason Gray
9-Buxx Belmar
10-Zak Patterson
Mentions honorables: Dylan Donovan; Junior Benito; Matt Falco; DGenerate; Tyler Nox; Pickton; Pee Wee
Une ascension rapide que celle de Michel Plante. Classé 20e en 2023 et quatrième l’an dernier, il a reçu 12 votes de première place, huit de plus que son plus proche adversaire. En tout, 83% des votes qu’il a reçus étaient des votes de première, deuxième ou troisième place. Comme on dirait à l’hippodrome de Trois-Rivières, il a terminé au premier rang par cinq longueurs!
Au deuxième rang, par un seul petit point d’avance, le gagnant de 2024, Benjamin Tull. Il a été champion Héritage de Sans Restriction Chrono, champion par équipe à Battlewar, en plus de lutter pour les quatre meilleures promotions au Québec. Il est une constance chez les vilains et au micro.
Tout juste derrière, Mathieu, ou si vous préférez, Mononc St-Jacques. L’athlète de Saint-Eustache a amélioré son record en faisant partie du top 10 pour une 16e année consécutive. Sa réunion avec Thomas Dubois à Battlewar et leur rivalité avec les Wonderboys a certes été le clou de son année.
Parlant de Dubois, il n’est pas surprenant de le voir au quatrième rang, lui qui a été champion Battlewar toute l’année, défendant le titre avec succès pas moins de sept fois.
Pour conclure ce quintette, on retrouve Marko Estrada, un autre habitué de cette liste. Il a été champion par équipe de la NSPW et de la TUW et continue d’être une figure plus que populaire de la lutte au Québec, peut-être même le plus connu à l’extérieur des sphères de la lutte grâce à sa notoriété sur les réseaux sociaux.
La deuxième partie du top 10 débute avec Stu Grayson, qui a été champion Mystery Wrestling à Gatineau, là où il a eu une excellente rivalité avec Evil Uno, en plus de passer l’année à la NSPW.
Au septième rang, on retrouve Travis Toxic. S’il avait été champion NSPW plus longtemps ou s’il avait obtenu les titres que Plante a eus cette année, il aurait filé au sommet, seul en tête. En plus d’être l’un des plus populaires, il a à sa fiche les trois meilleurs matchs de l’année.
L’an dernier, j’avais dit que ce n’était pas la dernière fois qu’on verrait Jason Gray dans le top 10 et je n’ai pas menti, alors qu’il est au huitième rang pour la deuxième fois de suite. Il est en train de s’installer comme l’un des meilleurs vilains au Québec.
L’année de Buxx Belmar fait écho à sa carrière, qui a été ponctuée de plusieurs pauses. Il n’était même pas sur le bulletin de vote l’an dernier. Cette année, il termine au neuvième rang, quelques semaines après avoir annoncé une pause d’un an. Celui qui a été champion TUW et champion Foufounes Électriques de Battlewar fait un retour dans le top 10 pour la première fois depuis 2018.
Fermant la marche, on retrouve le champion Sans Restriction Chrono Zak Patterson, qui renoue avec le top 10 après une année d’absence.
Parmi les mentions honorables, mentionnons Dylan Donovan avec son plus haut classement en carrière, tout juste au pied du top 10 avec une 11e position, Matt Falco, qui a eu l’une des meilleures rivalités cette année, au 12e rang, ainsi que le jeune Tyler Nox, qui un an après avoir été finaliste au titre de recrue de l’année, fait son entrée dans le top 15.
Gagnants antérieurs :
2000 Chakal; 2001 Franky the Mobster; 2002 Keven Martel; 2003 Excess 69; 2004 Kevin Steen; 2005 Kevin Steen; 2006 Kevin Steen; 2007 El Generico; 2008 Kevin Steen; 2009 El Generico; 2010 El Generico; 2011 El Generico; 2012 Kevin Steen; 2013 Kevin Steen; 2014 Kevin Steen; 2015 Mike Bailey; 2016 Mike Bailey; 2017 Mike Bailey; 2018 PCO; 2019 PCO; 2020 Mike Bailey; 2021 Mike Bailey; 2022 Mike Bailey; 2023 Mike Bailey; 2024 Benjamin Tull
Top 10 des meilleures lutteuses indépendantes au Québec
1-Kristara
2-Kacey Diamond
3-Dreya Mitchell
4-Loue O’Farrell
5-Katrina Creed
6-Dani Leo
7-Leah Sparks
8-Azaelle
9-Vanessa Kraven
10-Heavy Rox
Mentions honorables: Melanie Havok; Sally; Jessika Black; Mary Lee Rose; Alexya
Ce fut une autre année dominante pour Kristara, qui a reçu 18 votes de première place, le triple de sa plus proche adversaire. Elle devient seulement la troisième lutteuse à remporter ce prix au moins deux fois de suite, après LuFisto et Vanessa Kraven. En plus d’avoir été championne mondiale et féminine de l’IWS, ainsi que championne Junior Heavyweight de la NSPW, elle est l’une des plus populaires et lutte dans toutes les grandes promotions québécoises. Sa première position n’a jamais été en danger.
Pour une deuxième année consécutive, la seconde position revient à Kacey Diamond. La championne féminine de Sans Restriction Chrono a aussi remporté le titre féminin de la FCL, en plus d’être impliquée dans l’une des meilleures histoires de l’année à Battlewar en compagnie des Wonderboys. Une des plus détestées toutes promotions confondues, elle est aussi dominante au micro que dans l’arène. Avec du recul, on verra sûrement son retour à la lutte comme l’un des meilleurs dans l’histoire récente de la lutte au Québec.
La lutte au troisième rang a été serrée entre Dreya Mitchell et Loue O’Farrell, mais au final, c’est la recrue de l’année en 2024 qui a eu le dessus. Bien que ça m’ait quelque peu surpris, les arguments se valaient de part et d’autre. Mitchell a eu des titres à la TUW, à la GPW, a fait ses débuts pour la NSPW, en plus de lutter pour Battlewar, SRC, IWS et Mystery. Elle était partout et il y avait un buzz autour d’elle à chaque occasion. Elle a vraiment pris du galon en 2025.
Pour sa part, le manque de titres a peut-être nui à Loue. En revanche, son travail dans l’arène n’avait d’égal dans la division féminine. Elle a participé à deux des sept meilleurs matchs de l’année, trois des 16 premiers, dont la finale du plus gros spectacle de l’année en Golden Opportunity. O’Farrell fait partie du top 5 pour la septième année consécutive.
Katrina Creed, qu’on a vue à la IWS, WWS et Mystery, en plus d’être championne féminine à la PCW, se retrouve au cinquième rang tout comme l’an dernier. Suit Dani Leo, qui, malgré une blessure, grimpe de deux rangs cette année. Son titre féminin à la IWS et passer la saison au complet à la NSPW a certes aidé sa cause.
Au septième rang, on retrouve la recrue Leah Sparks, qui perce le top 10 pour la toute première fois en carrière. Elle s’est révélée par son charisme en 2025, tout en luttant pour les plus grandes organisations au Québec. La fermeture de Femmes Fatales et perdre le titre féminin de la FCL n’a pas permis à Azaelle d’avoir la même année que 2024, alors qu’elle avait terminé au quatrième rang. C’est en huitième position qu’on la retrouve cette fois-ci.
La vétérane Vanessa Kraven est une constance dans le top 10, elle qui a été championne féminine de la MEW, en plus de faire partie du dernier match de Femmes Fatales. Fermant le top 10, on retrouve la recrue Heavy Rox, qui avec son dynamisme et son désir de réussir, n’en est certainement pas à sa dernière accolade.
Parmi les mentions honorables, mentionnons Melanie Havok, qui a effectué un bond de trois positions, de même que Mary Lee Rose, qui voit sa séquence de huit présences dans le top 10 prendre malheureusement fin.
Gagnantes antérieures:
2002 Precious Lucy; 2003 LuFisto; 2004 LuFisto; 2005 LuFisto; 2006 LuFisto; 2007 Stéfany Sinclair; 2008 LuFisto; 2009 LuFisto; 2010 LuFisto; 2011 LuFisto; 2012 LuFisto; 2013 LuFisto; 2014 LuFisto; 2015 LuFisto; 2016 Vanessa Kraven; 2017 Vanessa Kraven; 2018 Vanessa Kraven; 2019 LuFisto; 2020 LuFisto; 2021 LuFisto; 2022 LuFisto; 2023 Loue O’Farrell; 2024 Kristara
Prix Maurice et Paul-Vachon (équipe de l’année)
TDT (Mathieu St-Jacques & Thomas Dubois)
1er finaliste: Les Diamants du Mande (Marko Estrada & Zak Patterson)
2e finaliste: Les VIP (Karl Jepson & Mitch Thompson)
3e finaliste: Les Wonderboys (Dylan Donovan & Yann Pike)
Mentions honorables: Les Invincibles (Franky the Mobster & Marko Estrada); Fresh Air (Junior Benito & Macrae Martin); Les Enfants de Chœur (Judas & Seth Cassidy); Les Brasseurs (Benjamin Tull & Matt Falco)
La meilleure équipe au Québec des 25 dernières années retourne au sommet après l’avoir cédé aux Wonderboys pendant deux ans. Le fait d’avoir lutté à la NSPW, à la TUW et à Mystery, d’avoir fait équipe à Battlewar pour la première fois et d’être redevenus champions par équipe à la IWS ont permis à Mathieu St-Jacques et Thomas Dubois d’avoir une année digne de leur réputation. Il s’agit de la 11e fois qu’ils remportent cette catégorie. Un jour, ils seront au Temple de la renommée de la lutte au Québec.
Aux deuxième et troisième rangs, on retrouve deux équipes qui ont eu de longs règnes en 2025 pour une seule et même promotion. Les Diamants du Mande, Marko Estrada et Zak Patterson, ont été champions par équipe à la NSPW toute l’année, défendant les titres à sept reprises. Même chose pour les VIP, Karl Jepson et Mitch Thompson, mais du côté de Battlewar. Être champions toute une année dans les deux plus importantes promotions au Québec aide à bien se classer.
La séparation des Wonderboys à la NSPW........
