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Perdre son emploi à cause de l’IA ? Anticiper ne protège pas la santé mentale

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Un homme, ou une femme, averti en vaut-il, ou elle, vraiment deux quand on évoque l’impact d’un licenciement sur la santé mentale des personnes ? Rien n’est moins sûr, selon une étude menée pendant vingt ans en Australie. Si les résultats sont transposables, estimer ou non que l’IA détruira son emploi a peu d’impact. En revanche, retrouver vite un emploi contribue à la restauration du bien-être psychique des individus.

L’idée que l’intelligence artificielle va détruire des millions d’emplois s’est imposée dans le débat public. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime que 27 % des emplois sont exposés à un risque élevé d’automatisation, et trois travailleurs sur cinq déclarent craindre de perdre leur emploi dans les dix prochaines années.

Voilà pour les chiffres, mais qu’en est-il de leur impact sur les personnes et leur santé ? Voir venir la perte de son emploi serait, en soi, une source importante de souffrance psychologique. Les mois passés à appréhender l’échéance pèseraient lourd sur la santé mentale, peut-être autant que la perte elle-même.

Dans une nouvelle étude publiée dans la revue Social Science & Medicine, nous comparons les trajectoires de santé mentale de personnes qui ont anticipé leur licenciement à celles qui ne l’avaient pas anticipé. Le résultat surprend : les deux groupes suivent des trajectoires très proches, avant comme après la perte d’emploi.

Il y a donc deux questions bien distinctes : l’effet de la perte d’emploi sur la santé mentale, et l’effet d’anticiper cette perte d’emploi. La première est bien documentée. Perdre son emploi dégrade la santé mentale, à la fois parce que le revenu chute et parce que........

© The Conversation