Augmenter les frais d’inscription universitaires des étudiants internationaux : une erreur stratégique ?
Dans la lignée du plan « Bienvenue en France » lancé en 2018, la stratégie annoncée en avril 2026 pour renforcer l’attractivité de la France auprès des étudiants étrangers conforte une mesure controversée, celle des frais d’inscription universitaires différenciés. En quoi cette logique est-elle contre-productive ?
Sept ans après « Bienvenue en France », la stratégie pour renforcer l’attractivité de la France auprès des étudiants internationaux, le ministre de l’enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a annoncé le 21 avril 2026, le lancement de « Choose France for Higher Education ». Dans la continuité du précédent, ce nouveau plan conforte une mesure controversée, celle des frais d’inscription majorés pour les étudiants extra-européens. Il annonce leur généralisation, dès la rentrée 2026, par la restriction drastique de l’autonomie des universités pour leur accorder des exonérations ciblées.
Cette annonce suit de près la divulgation du déclenchement par l’université de Strasbourg d’une procédure de désinscription à l’encontre de 47 étudiants extra-européens, faute pour eux d’avoir pu s’acquitter des 3941 euros de frais d’inscription majorés. Elle fait aussi suite à la suppression des aides personnalisées au logement (APL) pour la majorité des étudiants extra-européens dans le cadre de la loi de finances 2026, alors même que la précarité sociale des étudiants étrangers est déjà préoccupante.
Si l’annonce d’une probable désinscription administrative si tard dans l’année est une véritable catastrophe pour ces 47 étudiants internationaux de l’université de Strasbourg, qui risquent en plus de ne pas pouvoir renouveler leur titre de séjour étudiant, cette situation n’est que la conséquence logique de la mise en place de frais d’inscription différenciés pour les étudiants extra-européens issue du plan « Bienvenue en France ».
Des frais d’inscription différenciés
En 2018, constatant le déclassement de la France, passée de la 3e à la 7e place dans les rankings internationaux entre les années 1980 et 2019, le gouvernement d’Edouard Philippe fixait l’objectif d’attirer 500 000 étudiants........
