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Grâce à un algorithme, comprendre pourquoi le blocage du détroit d’Ormuz fait craindre une crise alimentaire

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02.06.2026

Avec la fermeture du détroit d’Ormuz, en mars 2026, à la suite de la guerre entre les États-Unis et l’Iran, l’ombre d’une crise alimentaire plane dans tous les esprits. Pour les pays africains, le choc tombe au pire moment : celui des semis. Une recherche, fondée sur l’étude d’un million d’articles de l’agence Reuters, met en lumière l’ampleur de cette crise sur le prix des matières premières autres que le pétrole. Car l’azote ou le phosphate font aussi tourner l’économie mondiale.

Depuis plusieurs mois, l’attention médiatique se concentre sur le pétrole, le gaz et les conséquences inflationnistes du blocage du détroit d’Ormuz, sur le golfe Persique, pour les économies européennes. Pourtant, c’est sur le continent africain qu’un autre choc, plus silencieux mais potentiellement plus meurtrier, se profile : celui des engrais et de l’alimentation.

Alors, comment mesurer un choc dont les données de production et de stocks sont, contrairement au pétrole, lacunaires ou inexistantes ?

Dans une recherche récente, mes coauteurs – Alvin Lumbanraja, Sarah Mouabbi et Adrien Rousset Planat – et moi avons appliqué une analyse automatisée à partir d’un million d’articles publiés par l’agence Reuters sur une vingtaine d’années. L’objectif : construire des indicateurs quotidiens de pression sur l’offre pour vingt matières premières – dont 19 marchés auparavant non documentés –, incluant l’énergie, les métaux, l’agriculture et l’élevage.

Quantifier l’invisible

Concrètement, notre algorithme repère, dans chaque phrase des articles, la co-occurrence d’un mot relatif à l’offre comme « récolte » ou « production », et d’un mot signalant une perturbation comme « arrêté » ou « suspendu ».

Le résultat se présente sous la forme d’un chiffre quantifiant l’ampleur du choc, ce qui........

© The Conversation