Passer l'hiver sur la Côte d'Azur, le remède britannique au surmenage de l'époque victorienne
Passer l'hiver sur la Côte d'Azur, le remède britannique au surmenage de l'époque victorienne
Sally Shuttleworth – 8 juin 2026 à 19h55
À la fin du XIXe siècle, médecins et écrivains britanniques dénonçaient les effets d'une existence toujours plus rapide et les premiers signes du burn-out moderne. Pour traiter l'épuisement, ils prescrivaient le repos, le grand air et l'oisiveté assumée, notamment à Menton, dans le sud-est de la France.
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Le burn-out semble être un concept résolument moderne, né à l'ère de la communication numérique mondiale et des longues journées passées au bureau. Pourtant, l'Angleterre de l'époque victorienne (1837-1901) avait elle aussi sa propre conception de ce phénomène, qu'on appelait alors le «surmenage» («overwork»).
Le médecin C.H.F. Routh (1822-1909), par exemple, a publié On Overwork and Premature Mental Decay: Its Treatment («Sur le surmenage et le déclin mental prématuré: son traitement»), un ouvrage qui a connu quatre éditions entre 1873 et 1888. Si le vocabulaire diffère, les préoccupations de fond sont remarquablement proches des nôtres. Le surmenage était perçu comme un phénomène nouveau dans cette époque marquée par l'expansion impériale et l'industrialisation, avec le développement des chemins de fer et du télégraphe, qui permettaient des communications rapides à l'échelle mondiale et imposaient un rythme de vie toujours plus accéléré.
Les Victoriens étaient sans conteste des adeptes de ce que le philosophe britannique Thomas Carlyle (1795-1881) appelait l'«Évangile du travail». Mais ils étaient également très conscients des problèmes de santé que pouvait entraîner cette dévotion à cette nouvelle religion.
Aux États-Unis, le neurologue George Miller Beard (1839-1883) avait introduit le concept de neurasthénie, un trouble associé à l'épuisement du système nerveux sous l'effet d'une sollicitation excessive. Au Royaume-Uni, en revanche, le surmenage était perçu de manière bien différente: il apparaissait comme quelque chose de plus viril, presque comme un motif de fierté.
Comme aujourd'hui avec la notion de burn-out des cadres et des professions intellectuelles, le surmenage était alors principalement associé à l'activité mentale et aux classes professionnelles. Cette conception laissait de côté les classes populaires, pourtant accablées de travail.
Les médecins suscitaient une inquiétude particulière. C.H.F. Routh évoque notamment le cas du docteur Golding Bird (1814-1854), un médecin réputé, qui lui conseilla de ralentir son rythme de travail. Selon lui, il fallait s'accorder six semaines de........
