Deux frères italiens pensaient avoir capté la mort d'une cosmonaute en direct, l'URSS ne l'a jamais admis
Deux frères italiens pensaient avoir capté la mort d'une cosmonaute en direct, l'URSS ne l'a jamais admis
Lola Buscemi – 26 mars 2026 à 7h55
Pendant la Guerre froide, des radioamateurs transalpins affirmaient avoir capté des appels de détresse provenant de vaisseaux spatiaux soviétiques. Entre secret d'État et possible canular, le doute persiste.
Temps de lecture: 2 minutes - Repéré sur Popular Mechanics
Entre 1957 et 1976, les États-Unis et l'Union soviétique se livrent à une course à l'espace qui restera comme le symbole de la rivalité technologique opposant alors les deux puissances. Si la période est marquée par de nombreuses expérimentations frénétiques pour tenter d'être le premier pays à marcher sur la Lune, les accidents mortels sont restés relativement rares. Pourtant, les dirigeants étaient prêts à d'éventuelles pertes humaines. Le président états-unien Richard Nixon avait même préparé un discours de secours au cas où la mission Apollo 11 aurait tourné au désastre.
Officiellement, les tragédies les plus marquantes se seraient produites lors de tests préalables au lancement, comme l'incendie de la chambre d'altitude qui coûta la vie au cosmonaute Valentin Bondarenko, ou un autre qui décima l'équipage d'Apollo 1. Pourtant, dès 1962, des rumeurs ont circulé sur la possible mort de cosmonautes soviétiques, relayées par le journaliste Drew Pearson, convaincu que l'URSS cachait plusieurs décès avec la complicité des États-Unis. Si ces théories sont invérifiables, deux frères italiens affirmaient détenir des enregistrements audio confirmant au moins l'un des décès, raconte le magazine américain Popular Mechanics.
Frères et passionnés de radio, Achille et Giambatista Judica-Cordiglia, originaires d'Italie, se rendaient régulièrement dans un bunker allemand abandonné de la Seconde Guerre mondiale. C'est au sein de ce dernier que, dans les années 1950, ils auraient capté des signaux du programme soviétique Spoutnik et de la sonde états-unienne Explorer 1. Les deux radioamateurs italiens affirmaient avoir intercepté ces transmissions grâce à du matériel radio bricolé à partir de grillage, de tuyaux récupérés et d'équipements militaires américains revendus après la guerre.
Pendant des décennies, les deux frères Judica-Cordiglia diront la même chose: ils ont entendu un message provenant d'un vaisseau spatial soviétique et ce dernier était « …---… », qui signifie «SOS», en morse. Si cela s'avérait vrai, cela signifierait qu'ils auraient capté un signal de détresse d'un cosmonaute en vol d'essai soviétique, un appel que l'URSS ne reconnaîtra jamais.
De multiples enregistrements non vérifiés
En février 1961, Achille et Giambatista Judica-Cordiglia récidivent et affirment avoir intercepté un autre signal mystérieux. Cette fois ce n'est pas du morse, mais des battements de cœur. Ils enregistrent les palpitations et la respiration haletante et confient le fichier au cardiologue turinois Achille Mario Dogliotti, qui le décrit comme celui d'un homme mourant.
Quelques mois après, le 12 avril 1961, le cosmonaute soviétique Youri Gagarine entre dans l'histoire en devenant le premier humain à avoir effectué un vol dans l'espace. Pour les frères Judica-Cordiglia, comme pour d'autres, il n'était que le premier humain à survivre au vol… Peu de temps après, un nouvel enregistrement est intercepté, suggérant que l'URSS avait également tenté d'envoyer la première femme en orbite, sans succès.
Encore disponible en ligne, la transmission aurait été émise par une femme soviétique paniquée, lors de sa rentrée atmosphérique. On entendrait des bribes de phrases comme «je vois une flamme!» ou encore «j'ai chaud». Là encore, l'enregistrement ne sera jamais authentifié.
Difficile de trancher entre le canular ou le secret d'État. Les deux frères italiens ont toujours nié toute invention, mais l'absence de confirmation officielle interroge. D'autant plus que d'autres drames soviétiques d'abord passés sous silence ont fini par être révélés, comme celui de la catastrophe de Nedeline, lorsqu'une fusée a explosé par accident sur la rampe de lancement du cosmodrome de Baïkonour (actuel Kazakhstan), le 24 octobre 1960, faisant entre 78 et 126 morts.
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