Parc Dragon Ball en France : « On se rapproche d’un modèle soviétique »
Sept boules de cristal, six milliards d’euros : Sangoku débarque en France. La France devrait accueillir trois parcs à thème dans le Val-d’Oise, probablement sur l’ancien site de Mirapolis, dont l’un sera dédié à l’univers du manga japonais Dragon Ball. Ce mégaprojet serait financé par des fonds saoudiens. C’est du moins l’annonce faite par le président Macron, le lundi 24 août 2026, et qui confirme des informations dévoilées ces dernières semaines dans la presse.
Pour l’heure, ce méga chantier est encore à l’état embryonnaire. Reste à déterminer si l’Arabie saoudite va bel et bien sortir le carnet de chèques, et à obtenir l’accord des ayants droit japonais. Une fois ces conditions réunies, cette initiative deviendrait la plus importante depuis la création de Disneyland Paris, ouvert en 1992.
Une bonne nouvelle ? Sans doute : elle renforcerait la position de la France comme destination touristique incontournable et devrait créer des milliers d’emplois. Sauf que ce dossier peine à séduire une partie des intellectuels français. L’historien Pierre Vermeren s’explique.
Le Point : Ce projet, financé par des capitaux saoudiens et adossé à une licence japonaise, élève-t-il le rang de la France à l’échelle mondiale ?
Pierre Vermeren : Franchement, je ne crois pas que ce projet contribue vraiment à « élever » le rang de la France sur la scène mondiale. Les capitaux saoudiens répondent avant tout à une logique de rendement et de diversification de leur économie, ainsi qu’à une stratégie de rayonnement propre au royaume, bien plus qu’à un objectif de promotion de la France. La licence japonaise, elle, sert d’abord les intérêts du Japon et de sa sous-culture populaire contemporaine, en offrant une vitrine supplémentaire à ses contenus et à ses marques.
Dans ce montage, la France apparaît surtout comme un territoire d’accueil : elle espère attirer des touristes, redynamiser une région ou une agglomération en difficulté, et capter quelques retombées économiques. Ce projet peut bien sûr bénéficier localement à la France, mais il ne semble pas conçu, à l’origine, pour renforcer sa position ou son influence à l’échelle mondiale.
Dans un monde globalisé où les........
