Chronique|«Canceller» ou porter plainte Patrick Moreau
On a reproché à Paul St-Pierre Plamondon d’être incohérent et de mauvaise foi, voire de faire preuve d’autoritarisme, parce que le Parti québécois (PQ) avait déposé des plaintes au Collège des médecins contre la psychiatre Marie-Ève Cotton, alors que son chef avait auparavant défendu bec et ongles un de ses candidats, mis sur la sellette pour avoir usé de mots péjoratifs et d’expressions provocatrices. Le chef du PQ était même allé en cette occasion jusqu’à dénoncer une manifestation supplémentaire de cette cancel culture qui apparaît aujourd’hui comme une entrave majeure à la liberté d’expression.
En fait, il n’y a dans cette attitude de Paul St-Pierre Plamondon ni incohérence ni contradiction. Et cela ne constitue pas non plus à mon sens une « dérive autoritaire », comme semble s’en inquiéter la directrice générale d’Amnistie internationale Canada francophone, France-Isabelle Langlois.
Je m’explique : si l’on estime que quelqu’un a dépassé les bornes de la liberté d’expression en tenant des propos potentiellement illégaux ou non conformes aux règles de l’ordre professionnel auquel cette personne appartient, la démarche à suivre est précisément de déposer une plainte.
C’est ainsi qu’on agit en démocratie, où seuls le législateur et les tribunaux (ou les instances auxquelles ils délèguent une part de ce pouvoir) ont légitimement le droit de poser des limites à la liberté d’expression. C’est donc aux tribunaux ou au Collège des médecins de juger si une faute a été commise et s’il y a eu ou non (au........
