Un «renouveau» modéré
Les caquistes font le pari que le renouveau « réfléchi » de Christine Fréchette sera leur meilleur radeau, si tant est qu’il en existe encore un, pour survivre au naufrage électoral annoncé. Le Québec sera dirigé pour une deuxième fois de son histoire par une femme, qui est également la cinquième première ministre en 40 ans désignée à l’issue d’un vote partisan, et non populaire. Toutes ces pages d’histoire, Christine Fréchette devra les écrire avec la modération dont elle s’est targuée pour y accéder. Car si même des caquistes conviennent en coulisses qu’ils ne seront plus aux commandes de l’État dans cinq mois, la moindre des choses serait de gouverner d’ici là dans cette même sobriété. La campagne électorale sera le théâtre adéquat de tout éventuel coup d’éclat.
Avec 58 % d’appuis, parmi les 15 833 membres de la Coalition avenir Québec (CAQ) s’étant exprimés, la victoire de Mme Fréchette fut beaucoup plus serrée qu’attendu en début de course, mais pas moins décisive — plus, même, que ce qu’escomptait le camp adverse. Elle laisse toutefois 42 % de déçus chez les sympathisants de Bernard Drainville, qui cachaient mal leurs mines déconfites et leurs larmes, dimanche, à Drummondville.
Les paroles rassembleuses ont beau avoir été prononcées dès la victoire, les critiques ont fusé de toutes parts pendant 11 semaines.........
