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Fractures épiques sur fond d’Epic Fury aux États-Unis

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09.05.2026

Rare analyste à avoir entrevu les victoires de Donald Trump en 2016 et 2024 ainsi que sa défaite en 2020, Marie-Christine Bonzom a couvert sept présidentielles et cinq présidences aux États-Unis. À l’invitation du Devoir, elle pose ponctuellement son regard d’experte sur la politique américaine.

Rush Limbaugh l’avait entrevu dès 2017 : seul Donald Trump pourrait démolir sa propre base. À l’aube de la présidence Trump, le plus influent des animateurs de talk radio déclarait ainsi : « Trump a un lien avec ses électeurs que la plupart des politiciens n’ont pas, et ce lien, personne d’autre que lui ne peut le rompre. »

Limbaugh, roi d’une pyrotechnie oratoire prônant un conservatisme antisystème, était devenu l’ami improbable de l’ex-démocrate Trump et avait contribué à inspirer son évolution politique. Aujourd’hui, le lien entre Trump et ses électeurs, sans être totalement rompu, est profondément fracturé. Et Trump n’a qu’à se regarder dans le miroir pour en trouver la cause.

Les promesses qu’il a négligées ou trahies, les politiques qu’il mène au coup de force et de pub, ses outrances égocentriques et insultantes, les soupçons de corruption expliquent la chute de sa cote auprès des Américains, y compris dans la coalition hétéroclite qui l’avait réélu. La présidence de celui qui se veut « bâtisseur » est largement perçue comme une entreprise de démolition.

Selon la moyenne des sondages tenue par Real Clear Politics (RCP), Trump est au plus bas depuis le début de son second mandat. Il fait 40,5 % de satisfaits contre 56,4 % de mécontents. La situation était inverse en janvier 2025 : 50,5 % soutenaient Trump et 44,3 % le désapprouvaient.

Trump est dans le rouge sur tous les dossiers pour lesquels RCP calcule des moyennes de sondages. Pour l’économie et l’inflation, 60 % et 67,9 % de mécontents, respectivement. Ils sont 56 % de mécontents au sujet de la politique étrangère et de l’Ukraine. Même à propos de l’immigration, longtemps unique dossier sur lequel le Trump du second mandat rassemblait la majorité des Américains, 52 % sont mécontents. Les seuls dossiers sur lesquels l’opinion est relativement partagée sont la lutte contre la criminalité et la gestion du conflit Israël-Hamas.

Qui définit et définira America First ?

L’opération Epic Fury, lancée par le........

© Le Devoir