Le privé financé par le public
Pour un parti qui dit vouloir offrir des services publics « efficaces et de qualité », la CAQ se contredit beaucoup en prévoyant une augmentation du financement des écoles privées de 4 %, alors que celui des écoles publiques n’augmentera que de 1 %.
Au Québec, il y a 270 écoles privées, primaire et secondaire inclus, pour 2742 écoles publiques. Le réseau public est donc, grosso modo, dix fois plus important que le réseau privé. Et pourtant, la CAQ choisit de donner une augmentation quatre fois plus importante aux écoles privées. Où est la logique ? L’équité ?
Ce n’est pas un secret que c’est dans les écoles publiques que les élèves les plus problématiques, ceux qui ont le plus besoin de soutien, se trouvent. C’est aussi dans les écoles publiques que le manque de personnel se fait le plus sentir. C’est donc là que la majorité du financement devrait se trouver.
Si vous aviez de la nourriture à donner et que vous deviez choisir entre un sans-abri qui n’a pas mangé depuis deux jours et un homme de la classe moyenne qui vient tout juste de dîner, vous choisiriez le sans-abri, non ? C’est la même chose pour les écoles. C’est le public qui a désespérément besoin de plus de financement, pas le privé.
Le principe d’une école privée, c’est qu’elle est financée par — surprise, surprise — le privé ! Alors, laissez le privé s’en occuper et concentrez-vous plutôt sur le réseau public.
