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Plutôt que le gaz, un pont électrique

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tuesday

La possible résurrection du projet GNL Québec, pourtant abandonné depuis longtemps, par Marinvest à titre de « projet d’importance nationale » n’a aucun sens pour le Québec. Soutenir les besoins énergétiques de l’Europe en période de crise peut sembler louable, mais traverser 1000 km de forêt boréale à haut risque pour acheminer du gaz fossile albertain vers un continent européen qui vise la décarbonation d’ici 2040 n’est pas la bonne approche.

Si l’on souhaite mettre de l’avant des projets d’infrastructures capables à la fois de répondre aux besoins énergétiques de l’Europe et de stimuler l’économie québécoise, il existe une autre option qui mérite d’être davantage étudiée : un câble sous-marin transatlantique de transport d’électricité. L’Europe a déjà démontré la faisabilité technique de telles infrastructures, avec des câbles sous-marins atteignant déjà 765 km en exploitation. Un câble électrique traversant l’Atlantique — capable de transporter l’énergie dans les deux sens — offrirait non seulement la possibilité d’exporter l’électricité propre du Québec lors des périodes de forte demande en Europe, mais permettrait également au Québec de tirer parti de l’abondante énergie éolienne de la mer du Nord actuellement sous-utilisée.

Grâce au décalage horaire, les heures creuses de la nuit en Europe correspondent souvent à des périodes de forte demande ici. Cela nous permettrait d’importer une électricité propre et à faible coût, tout en réduisant la pression sur nos réserves hydroélectriques limitées.

Les arguments en faveur d’un soutien énergétique à l’Europe en période de besoin sont solides. Mais il existe des manières de le faire qui positionnent le Québec comme une véritable plaque tournante d’un avenir décarboné, plutôt que de l’arrimer aux derniers soubresauts de l’économie des combustibles fossiles.


© Le Devoir