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Derrière l’iftar, zoom sur le travail invisible des femmes pendant le ramadan

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25.03.2026

En cette fin de ramadan, mois sacré marqué par le jeûne du lever au coucher du soleil, certaines phrases me reviennent en boucle. Des voix, des visages, des cuisines pleines, des discussions saisies entre deux plats.

« À 15 h, je dois déjà être dans la cuisine, sinon je n’y arrive pas. »

« Moi, c’est 14 h. Sinon, c’est impossible avec tout ce qu’il faut préparer. »

« Je trouve ça tellement lourd… je n’ai jamais de temps pour moi. »

« C’est fou, mais c’est le mois où j’ai le moins de temps pour ma religion. »

« Des fois, je suis tellement fatiguée que je n’ai même pas la force de prier. »

Ces phrases, je ne les ai pas entendues qu’une seule fois. Elles reviennent, d’un foyer à l’autre, presque mot pour mot. Elles disent quelque chose d’essentiel — mais rarement formulé publiquement. Car derrière l’image d’un mois de spiritualité, de foi et de partage se joue une autre réalité : celle du travail domestique intensifié, qui rend possible le quotidien du jeûne.

Dans les maisons, la scène se répète. En début d’après-midi, la cuisine s’anime. Les femmes sont debout, en mouvement, passant d’un plat à l’autre, organisant, goûtant, ajustant. Dans le salon, les hommes sont assis, parfois allongés, discutent, regardent l’heure, attendent. Le jeûne est partagé, mais son organisation ne l’est pas.

Cette division ne s’arrête pas à la frontière entre adultes. Elle traverse aussi les........

© Le Devoir