Quand Donald Trump tente sans succès d’associer de nouveaux États aux accords d’Abraham
L’exigence du président américain, qui lie tout accord avec l’Iran à une normalisation avec Israël, s’est heurtée au silence des pays sollicité. Signe que l’influence américaine dans la région n’est plus ce qu’elle était.
Alors que les États-Unis et l’Iran tentent de s’entendre sur un accord de paix pour mettre un terme à leur conflit, le président Trump a ajouté une condition inattendue ce 25 mai : que de nombreux pays musulmans (il cite nommément l’Arabie saoudite, le Qatar, le Pakistan, la Turquie, l’Égypte et la Jordanie) adhèrent aux accords d’Abraham, ce qui signifierait qu’ils normalisent leurs relations avec Israël.
Cette exigence s’explique par le contexte actuel. Les États-Unis et Israël sont aujourd’hui plus vulnérables, sur les plans militaire comme économique, qu’avant leur offensive conjointe lancée contre Téhéran fin février. Leurs alliances minutieusement élaborées avec les monarchies du Golfe ont été mises à mal par les frappes iraniennes, car elles n’ont pas empêché ces pays d’être frappés par Téhéran. Et l’Iran, bien que décapité de plusieurs de ses dirigeants et ayant subi des mois d’attaques dévastatrices, semble paradoxalement plus puissant qu’auparavant.
En outre, Donald Trump et Benyamin Nétanyahou se préparent l’un comme l’autre à des élections qu’ils pourraient très bien perdre (les midterms pour le premier, les législatives pour le second). Ils ont donc besoin d’une victoire symbolique dont ils pourront se prévaloir auprès de leurs électorats respectifs.
Cette préoccupation est sans doute, au moins en partie, la raison pour laquelle Trump tente de redynamiser les accords d’Abraham, dont il affirme depuis longtemps qu’ils ont été l’un des « plus grands succès de sa politique étrangère au cours de son premier mandat ».
Dans un échange téléphonique avec les dirigeants des pays cités ci-dessus, il a insisté sur le fait que s’ils souhaitaient être partie prenante d’un accord de paix avec........
