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Du Brexit au « Bregret » : dix ans après, le goût amer du vote en faveur du retrait de l’UE au Royaume‑Uni

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02.06.2026

Dix ans après le référendum de 2016, les promesses de baisse de l’immigration et de prospérité économique faites durant la campagne par les promoteurs d’une sortie de l’Union europénne ne se sont pas concrétisées. L’impact premier du Brexit a été autre : un approfondissement de la polarisation de la société et une banalisation du discours d’extrême droite. Aujourd’hui, la majorité des citoyens britanniques déplorent le choix effectué à l’époque.

Le 23 juin 2016, une majorité de Britanniques choisissaient de quitter l’Union européenne au terme d’une campagne référendaire portée par les promesses des partisans du camp « Leave », au premier rang desquels Nigel Farage et Boris Johnson. Organisée autour du slogan « Take Back Control » (« Reprendre le contrôle »), la campagne pro-Brexit promettait de restaurer la souveraineté du pays, de retrouver la maîtrise des flux migratoires et de relancer la prospérité économique.

Dix ans plus tard, les espoirs ont laissé place à un sentiment amer de désillusion que les Britanniques désignent par le terme « Bregret », et c’est un pays divisé, affaibli, désenchanté qui s’apprête à commémorer la date anniversaire du référendum.

Rares sont les événements dans l’histoire d’un pays qui constituent un choc aussi immense et profond que fut le Brexit. À l’annonce des résultats qui donnent la victoire au camp « Leave » avec 51,9 % des suffrages, c’est un sentiment de stupeur qui se répand dans le monde entier. Après quarante-trois ans d’une relation souvent houleuse et conflictuelle, le Royaume-Uni décidait de quitter l’Union européenne (UE) et d’ouvrir un nouveau chapitre de son histoire.

Les raisons du choc étaient multiples : il s’agissait tout d’abord d’un événement sans précédent qui soulevait bien des incertitudes et des craintes quant à l’avenir du Royaume-Uni et de l’UE. Le choc s’expliquait aussi par le caractère tout à fait inattendu de cette victoire, étant donné que les principaux instituts de sondage prédisaient un scrutin serré et donnaient une légère avance au camp « Remain ». Enfin, le vote en faveur du Brexit représentait une victoire politique et idéologique pour Nigel Farage, à l’époque leader du parti populiste d’extrême droite United Kingdom Independence Party (UKIP) farouchement hostile à l’UE, à l’immigration et au multiculturalisme.

Jusque-là davantage considéré comme un outsider, Nigel Farage devient alors un personnage central du paysage politique britannique, unanimement reconnu comme........

© The Conversation