Une méthode innovante pour détecter l’Alzheimer de manière précoce, grâce à l’analyse du langage et à l’IA
L’analyse du langage permet d’identifier précocement les signes de déclin cognitif. Un projet en cours pourrait transformer la prise en charge de la maladie d’Alzheimer.
Pour améliorer le dépistage précoce de cette maladie neurodégénérative qui touche le tiers des personnes âgées de 80 ans et plus au Canada, mon équipe de recherche et moi, à l’ÉTS, cherchons à élaborer une méthode innovante basée sur l’intelligence artificielle (IA). Notre approche, non invasive et accessible, repose sur l’analyse du langage des patients.
Cet article fait partie de notre série La Révolution grise. La Conversation vous propose d’analyser sous toutes ses facettes l’impact du vieillissement de l’imposante cohorte des boomers sur notre société. Manières de se loger, de travailler, de consommer la culture, de s’alimenter, de voyager, de se soigner, de vivre… découvrez avec nous les bouleversements en cours, et à venir.
Le langage comme indicateur de troubles cognitifs
L’un des premiers signes de la maladie d’Alzheimer est la modification subtile du langage. Les personnes peuvent, par exemple, avoir du mal à trouver leurs mots, utiliser des pronoms à la place de noms ou multiplier les pauses. L’expression de leurs idées est moins dense.
Une première étude sur le sujet a procédé à une analyse manuelle des écrits autobiographiques de religieuses âgée dans la vingtaine. Elle a conclu que la densité des idées exprimées était un bon prédicteur de la maladie d’Alzheimer, même si la maladie se présentait 50 ans plus tard.
L’outil que nous avons conçu analyse ces indices linguistiques avec un test simple : la description d’images. Ce test fait partie de l’outil diagnostique BDAE (Boston Diagnostic Aphasia Examination). Il consiste à demander au patient de décrire une image. Ce test permet d’évaluer divers aspects du langage oral. La figure suivante présente une des images utilisée.
Cette approche nous permet de mesurer la richesse lexicale, la complexité syntaxique et........
