La crise du logement frappe plus durement les femmes, selon les études
La crise du logement au Canada n’est pas neutre. Elle est profondément marquée par des inégalités de genre.
Les débats publics se concentrent sur la pénurie de logements, la hausse des loyers et l’accès à la propriété. Ces enjeux sont importants, mais ils ne rendent pas compte d’une réalité essentielle : toutes les personnes ne vivent pas la crise du logement de la même façon. Les femmes sont particulièrement touchées, en raison de leur précarité économique accrue et de leur surreprésentation parmi les locataires.
Selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement, 55 % des ménages ayant des besoins impérieux en matière de logement et 63 % des ménages vivant dans un logement subventionné sont dirigés par des femmes.
Les familles monoparentales, majoritairement dirigées par des femmes, sont parmi les plus exposées. Les femmes âgées, immigrantes, racisées ou issues de la diversité de genre font également face à des obstacles complexes et cumulatifs à l’accès au logement. Ces disparités ne sont pas accidentelles. Elles reflètent des conditions économiques et sociales qui restreignent l’accès à un logement stable et sécuritaire et rendent invisibles les effets différenciés de la crise selon le genre.
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Depuis les années 1990, le désengagement de l’État et la marchandisation du secteur de l’habitation ont accentué la dépendance au marché, au détriment du logement social et abordable. Cette tendance a entraîné une hausse des coûts et une précarisation accrue pour certaines populations. Ainsi, la crise du logement ne se limite pas à refléter les inégalités de genre ; elle peut également les exacerber.
Je mène un doctorat en aménagement à l’Université de Montréal sur les habitations collectives pour femmes au Canada. À partir de l’analyse de plusieurs projets, j’examine comment l’organisation des logements, leurs espaces, leurs règles et les relations qu’ils permettent influencent les conditions de vie, d’autonomie et de sécurité.
Une crise du logement genrée
La crise du logement n’est pas la cause des........
