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Fraude, coercition et torture dans les centres d’arnaques en ligne : un témoin raconte

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29.04.2026

Lors de mon récent séjour à Phnom Penh, au Cambodge, j’ai abordé un groupe de jeunes hommes devant l’ambassade de l’Inde. Je leur ai dit que j’étais chercheur à l’Université de Toronto.

Je leur ai demandé : « Venez-vous des centres d’arnaques ? » Ces centres sont des complexes à grande échelle dans lesquels des travailleurs victimes de traite sont enfermés et contraints de participer à des fraudes en ligne.

C’était bien le cas. Akshit, un homme d’une trentaine d’années, a accepté de me raconter son histoire.

Akshit n’est pas une victime typique de la traite des personnes. Son anglais est parfait, il est instruit et a travaillé dans des banques et des centres d’appel. Pourtant, il en a bel et bien été victime. En 2024, il a entendu parler d’un emploi au Cambodge, payé deux fois plus que son salaire en Inde, par un ami.

Après un bref entretien, il a déboursé 500 $ US pour acheter un billet d’avion à destination de Phnom Penh via Kuala Lumpur. Le vol et le trajet en voiture jusqu’à Sihanoukville, une ville côtière du sud-ouest du Cambodge, se sont déroulés sans encombre. À son arrivée dans un immeuble, on lui a remis une trousse d’accueil et offert une belle chambre. Tout semblait en règle.

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En réalité, il se trouvait dans un complexe dédié à la fraude, où des centaines d’employés, assis devant des ordinateurs, tentaient de convaincre des Asiatiques et des Occidentaux d’investir dans de faux projets ou de se lancer dans une relation amoureuse. Les employés étaient répartis en équipes de huit, dirigées par un chef d’équipe, sous la supervision d’un responsable gérant plusieurs équipes. Le tout était chapeauté par une organisation criminelle chinoise. Son recruteur l’avait vendu pour 5 000 $ US.

Violations du droit du travail

Des centaines de milliers de personnes sont victimes de la traite rien qu’au Cambodge et en Birmanie. Les médias ont relatéles coups, les os brisés et les cris des employés auxquels on administre des décharges électriques dans les complexes de fraude. Ces atrocités sont bien réelles, mais elles ne sont que la forme la plus extrême de maltraitance qu’on y inflige.

Ces complexes reposent sur un système de travail rémunéré, mais........

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