Les jeunes désertent les activités de plein air. Et si le jeu libre les ramenait dehors ?
Les bienfaits du plein air chez les jeunes ne font plus débat : développement moteur, cognitif, social et émotionnel, en plus d’amplifier les effets de l’activité physique. Pourtant, ils passent peu de temps dehors. Ce « déficit nature » est devenu un enjeu de santé publique. Quels facteurs expliquent ce décrochage, et comment les y ramener ?
Afin de mieux comprendre le phénomène et de tester des solutions, nous avons sondé 465 parents. Nos résultats confirment des tendances déjà observées dans la littérature scientifique, au Canada comme ailleurs. La participation aux activités de plein air diminue avec l’âge et cette baisse est plus marquée chez les filles. À l’échelle mondiale, 81 % des adolescents de 11 à 17 ans sont considérés comme physiquement inactifs ; les filles le sont davantage que les garçons, avec un écart pouvant atteindre 15 % selon les pays.
Le statut socioéconomique joue aussi un rôle : les jeunes issus de familles à faible revenu participent moins aux sports pratiqués à l’extérieur et ont moins d’intérêt à aller dehors. Ces familles ont de plus, un accès réduit aux activités en plein air à cause du transport vers les infrastructures de plein air, ou même à cause des coûts liés aux activités.
Lorsqu’un enfant présente des difficultés telles que des troubles d’apprentissage ou de motricité, le même constat est observé. Cette baisse de participation pourrait être un résultat d’une faible perception de leurs propres compétences, des préoccupations de sécurité menant à la surprotection, des contraintes d’aménagement urbain et d’accessibilité ainsi que de l’augmentation du temps d’écran.
Notre étude soutient ces observations, en démontrant que l’intérêt à faire des activités de plein air et des activités sportives dehors est réduit chez les jeunes dont la famille a un faible statut socio-économique et chez les jeunes ayant des difficultés. Des interactions démontrent même que l’effet de ces facteurs peut être cumulé. Ainsi, la tendance à........
