Les femmes au front pour la justice
Loin d’être uniquement les victimes des conflits armés, les femmes en sont les témoins privilégiées, la mémoire, mais aussi les voix de la résistance. En marge de la 62e session du Conseil des droits de l’homme à Genève (du 15 juin au 7 juillet), la Délégation de l’Union européenne auprès de l’ONU a accueilli le 22 juin une soirée exceptionnelle à la résidence de l’ambassadrice Deike Potzel. Conçu et organisé par Antonia Mulvey, fondatrice et directrice exécutive de Legal Action Worldwide (LAW), l’événement, intitulé «Women on the Frontline», a réuni onze femmes artistes venues du Soudan, d’Ouganda, d’Afghanistan, de Syrie, d’Irak, d’Iran, d’Ukraine et de Palestine. A travers leurs œuvres, elles témoignent des exactions de la guerre. A l’heure où certaines voix proclament la mort du droit international et où l’attention politico-médiatique se détourne, leur art et leur parole peuvent-ils encore contraindre le monde à agir?
«A Legal Action Worldwide, nous représentons des milliers de survivantes de crimes internationaux. Beaucoup sont des femmes et des enfants. Nombre d’entre elles ont enduré des crimes si horribles qu’il leur est très difficile d’en parler», rappelle Antonia Mulvey lors de la soirée1> Antonia Mulvey s’est également exprimée au cours d’un entretien exclusif, tout comme la journaliste palestinienne Nour El Assy. jQuery('#footnote_plugin_tooltip_4561625_1_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_4561625_1_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });. «Les femmes en première ligne se battent non seulement pour elles-mêmes, mais pour leurs familles et leurs communautés.» Avocate internationale des droits humains forte de plus de vingt-cinq ans d’expérience auprès de survivantes de crimes de guerre et ancienne enquêtrice de l’ONU, elle a notamment travaillé au Bangladesh après le génocide de 2017 contre les Rohingyas du Myanmar. En janvier 2026, cette juriste britannique a accompagné des femmes survivantes à La Haye pour représenter les témoins rohingyas de l’affaire Gambie c. Myanmar devant la Cour internationale de justice, face à un Etat qui niait toute intention génocidaire. Pour elle, il est crucial que les victimes soient entendues non seulement comme témoins, mais aussi comme de véritables actrices de la justice.
L’art pour exister et résister
Dans une autre procédure engagée en 2018, LAW a obtenu, après six ans d’efforts visant le gouvernement du Sud-Soudan, que le comité de l’ONU pour l’élimination des discriminations à l’égard des femmes (CEDAW) se saisisse du cas de femmes violentées qu’un Etat récalcitrant n’avait pas protégées. C’était la toute première fois qu’un organe de l’ONU acceptait de transmettre anonymement une plainte à un Etat, ouvrant ainsi la voie à d’autres plaignantes partout dans le monde.
Le parcours proposé par «Women on the frontline» guidait les invité·es d’une œuvre à l’autre: des........
