Le droit oublié du citoyen à la vérité
Tout comme il est interdit pour un commerçant de tromper un consommateur, les politiciens ne devraient pas avoir le droit d’user de mensonges volontaires pour gagner des votes, estime l’auteur et avocat Paul Martin.
Dans une société démocratique fondée sur les principes de l’État de droit, le droit de vote est le fondement même de la liberté politique. Les citoyens choisissent leurs représentants, demandent des comptes aux gouvernements et déterminent l’orientation de leur société. Mais une question fondamentale demeure largement ignorée : le droit de vote peut-il réellement être libre et éclairé si les citoyens peuvent être délibérément trompés par ceux qui cherchent à obtenir ou à conserver le pouvoir ?
Si la légitimité d’un gouvernement repose sur le consentement des citoyens, la qualité de ce consentement importe tout autant que son existence.
Un vote fondé sur des déclarations fausses ou trompeuses, ou sur la dissimulation de faits essentiels, ne constitue pas un consentement pleinement libre et éclairé.
La démocratie exige donc non seulement le droit de voter, mais aussi le droit corollaire à une information fidèle aux faits, complète et fiable. Cela conduit à devoir reconnaître un principe trop souvent négligé : le droit du citoyen à la vérité.
Il ne s’agit pas d’autoriser l’État à définir une « vérité officielle » ni de........
