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Ottawa s'en fout de nos enfants

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monday

Le débat fait rage depuis des années. Les effets sur nos ados font les manchettes, encore cette fin de semaine dans nos pages.

On aurait cru qu’enfin, Ottawa se réveillerait. Mais non.

Je parle bien sûr de la condamnation pour négligence contre Meta et YouTube par un jury de Los Angeles pour les effets néfastes de leurs plateformes sur les jeunes.

Partout, les gouvernements sont interpellés. Sauf ici.

Ce que le procès a réussi à démontrer, c’est que l’architecture même de ces plateformes est conçue pour créer la dépendance chez les jeunes parce qu’elle est rentable. Surtout, cette dépendance a des conséquences néfastes sur la santé mentale.

Le jury a accordé 6 M$ à la plaignante. Déjà le verdict est comparé à ceux des années 1990 contre les compagnies de tabac.

Combien sommes-nous à avoir espéré que nos gouvernements y verraient une poignée pour enfin nous donner un coup de main face à cette dépendance sociotoxique de leurs ados ?

Mais non. Nos décideurs sont restés pour la plupart muets.

L’Australie est devenue le premier pays, en décembre dernier, à interdire l’accès aux grandes plateformes aux moins de 16 ans. Depuis, aussi imparfaite soit-elle, leur approche fait tache d’huile.

Du Danemark au Royaume-Uni, en passant par l’Espagne, l’Indonésie, la Malaisie, le mouvement est mondial pour restreindre l’accès des jeunes aux médias sociaux.

Mais au Canada, silence radio.

À Québec, la CAQ est trop préoccupée par la lutte fratricide pour sa survie.

À Ottawa, on tourne en rond depuis des années.

Le gouvernement Carney n’en a que pour son agenda économique face à la guerre commerciale lancée par la Maison-Blanche.

L’ironie, c’est qu’on a un ministre de l’Intelligence artificielle ! Dompter l’IA pour rendre l’État efficace et accélérer la croissance économique est une priorité.

Mais sur les médias sociaux ? On réfléchit, dit-on. La crainte d’indisposer Washington semble l’emporter sur la protection de nos enfants.


© Le Journal de Québec