«Membre associé» de l’Union européenne: au-delà des paroles, la réalité va limiter le Canada
ANALYSE GÉOPOLITIQUE. Le premier ministre Mark Carney a raison: face à l’hostilité des États-Unis de Donald Trump à l’égard du Canada, nous devons rapidement nous rapprocher de nos alliés européens et de l’Union européenne (UE). En revanche, nous devons le faire avec doigté et intelligence sans oublier notre géographie: le Canada n’est pas un pays européen et son avenir est ancré en Amérique du Nord.
«Tout État fait la politique de sa géographie.» La formule célèbre attribuée à Napoléon, qui faisait semble-t-il allusion à l’Angleterre du début des années 1800, s’applique bien à la situation du Canada, qui pâtit de la guerre commerciale avec les États-Unis.
Nous devons garder notre accès au marché américain, tout en diversifiant au maximum nos échanges avec l’Europe, mais aussi avec l’Asie-Pacifique. En 2025, le Canada a expédié 72% de ses exportations de marchandises aux États-Unis – Mark Carney veut ramener cette proportion à 50% en 2035.
Mais pour des raisons de proximité géographique et de taille de marché, les États-Unis demeureront toujours notre pain et notre beurre.
Vous voulez comprendre pourquoi avec deux exemples concrets?
En 2025, les exportations du Québec au Tennessee, un État de 7 millions d’habitants, se sont élevées à 1,9 milliard de dollars (G$), soit l’équivalent de toutes nos exportations en Allemagne (84 millions d’habitants), selon l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).
En 2025, nos expéditions de marchandises dans l’État de New York (20 millions d’habitants) ont atteint 7,7G$. C’est près de 60% de la valeur de toutes nos exportations dans les 27 pays de l’Union européenne et ses 452 millions d’habitants.
Revenons maintenant au statut de «membre associé» que l’Union européenne propose au Canada, pour reprendre l’expression de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Il faut ici baisser les attentes et souligner ce qui n’arrivera pas et ce qui n’est pas du reste souhaitable qu’il arrive.
Le Canada ne deviendra pas le 28e État de l’UE
Premièrement, le Canada ne sera jamais un membre formel de l’Union européenne. Si........
