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Cuba éternelle

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18.04.2026

On me demande souvent pourquoi je préfère vivre à Cuba une bonne partie de l’année plutôt qu’ailleurs, soit au Québec, mon pays pour lequel j’ai lutté et affronté tous les risques, ou au Panama, où ma fille m’offre chaleureusement le gîte. Difficile à expliquer, cette histoire d’amour impossible qui dure depuis tant d’années, ce sentiment brûlant qui me colle à la peau lorsqu’il s’agit de parler de Cuba, ce qui n’a rien à voir avec l’habitude ou la facilité. Ce n’est pourtant pas la patrie où je suis né, mais c’est ce pays, cette île au milieu de la mer chaude des Caraïbes, ce presque continent, meurtri et tragique, qui s’est greffé à ma peau un jour de décembre 1970 pour ne plus jamais s’en détacher. J’y ai vécu, j’y ai beaucoup appris, j’y ai ri, j’y ai pleuré.

J’ai connu l’époque où Cuba gonflait ses muscles, à l’occasion de défilés militaires sur le malecon, avec des chars d’assaut et des escadrons de MiG soviétiques rompant le mur du son dans le ciel bleu de mer. Et les discours-fleuves de Fidel sur la Place de la Révolution devant des centaines de milliers de........

© Le Journal de Montréal