Le désastre
À la veille du déclenchement des élections au Québec, en juillet 1994, la tenue d’une rencontre des premiers ministres canadiens à Ottawa avait pour but de démontrer les bienfaits du fédéralisme avec la signature d’une entente visant à réduire les barrières commerciales interprovinciales. L’Accord sur le commerce intérieur du Canada se voulait une réponse à la remontée du mouvement souverainiste au Québec et au retour possible du Parti québécois (PQ) au pouvoir. Quoi de mieux, pour attester des avantages de l’unité canadienne, que cet accord et les richesses qui devaient en découler ?
Plus de 30 ans plus tard, l’Accord sur le commerce intérieur — remplacé en 2017 par le tout aussi inefficace Accord de libre-échange canadien — n’aura pas été à la hauteur de ses promesses. Cette semaine encore, un rapport du Fonds monétaire international a conclu que « la suppression totale des barrières commerciales intérieures non géographiques pourrait relever le [produit intérieur brut] réel du Canada de près de 7 % à long terme, soit approximativement 210 milliards de dollars canadiens en valeur courante ».
Or, les premiers ministres canadiens, réunis cette semaine à Ottawa, ont eu beau promettre de s’attaquer de nouveau à ces barrières, on en reste toujours au stade des discussions plutôt qu’à celui des actions. À la veille des élections québécoises qui risquent, comme en 1994, de reporter le PQ au pouvoir, et à la veille d’un référendum en Alberta, les premiers ministres des autres........
