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Quitter la gare

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friday

À la veille du fameux « love-in » de 1995, Lucien Bouchard s’était moqué de cette manifestation d’amour envers le Québec, planifiée par le camp du Non à trois jours du référendum sur la souveraineté, avec une blague sur la vétusté du réseau ferroviaire canadien : « Est-ce qu’on va rouler sur les rails de VIA Rail, dans les locomotives et les wagons désaffectés — bons pour la scrap d’ailleurs, parce que ce n’est pas bien bon VIA Rail — parce qu’on est saisi d’un amour transi pour le Québec ? » Celui qui avait été nommé « négociateur en chef » pour le Québec advenant une victoire du Oui s’était outré de ce que la société d’État fédérale ait offert des rabais de 60 % aux participants au « love-in », faisant ainsi fi de la Loi électorale québécoise.

Le commentaire de M. Bouchard en disait long sur le retard du Canada dans le domaine des services ferroviaires de voyageurs, à une époque où les premiers trains à grande vitesse roulaient déjà en Europe et au Japon. À ce moment-là, Bombardier détenait les droits nord-américains du TGV français. Une étude commanditée par les gouvernements fédéral, québécois et ontarien avait recommandé la construction d’un TGV dans le corridor entre Québec et Windsor, estimant le coût d’un tel projet à entre 10 milliards et 18 milliards de dollars, ou entre 19 milliards et 35 milliards, en dollars d’aujourd’hui. Hélas ! Rien n’y fit.

Plus de trente ans plus tard, VIA Rail dépérit toujours et affiche un état........

© Le Devoir