Une autre révolution tranquille?
Huit années de gouvernance caquiste succédant à quatre années de régime Couillard ont laissé le Québec dans un piètre état et nourri dans la population une attitude de désengagement. Il presse de secouer cette torpeur et de s’occuper sérieusement de l’avenir. Mais comment se présente-t-il ?
On parle d’ouvrir de grands chantiers. C’est une heureuse idée. Selon ce qu’on en sait, il s’agirait en priorité d’étendre ou de réparer les infrastructures. Il y a cependant bien d’autres priorités non moins pressantes : corriger les maux de l’éducation et du système de santé, remettre en ordre les finances publiques, gérer notre argent d’une façon plus vigilante et plus disciplinée, repenser la politique d’aide aux entreprises, s’occuper vraiment de l’environnement, s’adapter au vieillissement de la population, réanimer la sphère de la culture, combattre les inégalités, la pauvreté, l’itinérance, concevoir une politique d’immigration fondée sur le respect des nouveaux venus, doter le Québec d’un modèle de prise en charge de la diversité, revoir nos rapports avec le gouvernement fédéral, instaurer une démocratie plus équitable qui reflète davantage les choix de l’électorat. Bref : obturer les plus gros nids-de-poule de notre société.
Plusieurs souhaitent une réédition de la Révolution tranquille. On les comprend, mais est-ce réaliste ? Les années 1960 ont été caractérisées par d’importantes réformes réalisées grâce à une rare convergence de nombreux facteurs favorables.
Il fallait des politiciens éclairés qui s’étaient assuré la confiance de l’électorat, il fallait des conditions financières appropriées, une main-d’œuvre compétente, des alliances parmi les élites, un large appui dans la population........
