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Hirokazu Kore-eda : « Comprendre la monstruosité de notre jugement »

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25.05.2026

Cinéma Avec l’Innocence, Hirokazu Kore-eda, Palme d’or à Cannes en 2018 pour Une affaire de famille, aborde les émois contrariés de deux garçons dans le Japon contemporain et poursuit d’une main de maître son exploration des récits à vérités multiples.

L’Innocence, d’Hirokazu Kore-eda, Japon, 2h6

Au Japon, l’Innocence s’appelle Kaibutsu, « le monstre ». Ce paradoxe de traduction signale bien la bataille des contraires qui a lieu dans l’éblouissant dernier film de Kore-eda : l’affaire collective et l’histoire intime, la raideur institutionnelle et les transports de l’âme, l’amour et la mort. Dévoilant, sous la façade du fait divers, l’amour naissant de deux jeunes garçons, Minato et Yori, le réalisateur y dépeint un système scolaire japonais défaillant face au mal-être de ses élèves. Cette chronique polyphonique, mise en musique par Ryuichi Sakamoto avant sa mort, lui a valu le prix du scénario et la Queer palm à Cannes.

Le harcèlement scolaire est un problème très présent au Japon. Ce que montre le film reflète-t-il vraiment la réalité du pays ?

Je me suis beaucoup renseigné auprès de personnes qui font partie de l’institution pédagogique au Japon. Toutes étaient d’accord pour dire que les situations mises en scène dans le film étaient plausibles. Tout le problème est lié à l’institution et à la façon dont celle-ci défend ses intérêts propres. Ce dysfonctionnement-là, le fait de vouloir protéger la réputation de l’établissement avant toute chose, relève d’une actualité conforme à celle qui se joue aujourd’hui au Japon.

En 2018, le gouvernement mettait en place une nouvelle matière, la morale. Y a-t-il des progrès sur ce front-là ?

Je crois que l’éducation morale n’a pas été introduite dans les........

© L'Humanité