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La caméra au service de la recherche : l’expérience d’un documentaire à Madagascar

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Et si la caméra était bien plus qu’un moyen de présenter des résultats scientifiques ? En réalisant un documentaire auprès d’agriculteurs des Hautes Terres de Madagascar, le chercheur Quentin Grislain, a découvert que sa caméra influençait aussi son enquête. Elle a fait émerger des échanges inattendus et transformé son rapport au terrain.

Dans les sciences sociales, le terrain se raconte le plus souvent par l’écriture. La réalisation d’un documentaire auprès d’agriculteurs dans les Hautes Terres de Madagascar m’a amené à reconsidérer ce postulat.

En effet, certaines dimensions de l’expérience vécue se laissent difficilement saisir par le texte. J’ai constaté que la caméra ne se contentait pas de rendre visibles les pratiques agricoles, les évolutions du paysage et les savoirs paysans : elle transformait aussi la manière d’enquêter, de dialoguer avec les personnes rencontrées et, plus tard, de restituer les résultats de la recherche.

Bien plus qu’un simple support de diffusion scientifique, le film est ainsi devenu un véritable outil de production et de circulation des connaissances qui a ouvert un espace inédit de dialogue entre chercheurs et habitants.

Quand le terrain appelle une mise en image

À l’origine, rien ne prédestinait cette enquête à devenir un documentaire. Mon travail portait sur les transformations des territoires ruraux dans une commune des Hautes Terres malgaches. Comme de nombreux chercheurs en sciences sociales, je menais des observations de terrain et des entretiens approfondis avec les habitants.

Mais au fil des semaines, une évidence s’est imposée. Les récits recueillis étaient indissociables des paysages dans lesquels ils s’inscrivaient. Les agriculteurs commentaient l’évolution........

© The Conversation