Ukraine : la guerre sans fin des narratifs, par Daniel Schneidermann
Reporter pour l’émission Quotidien, Paul Gasnier a réussi à se faufiler tout près de Volodymyr Zelensky, lors d’une conférence de presse à Munich. «Emmanuel Macron ne sera plus président l’année prochaine. Ma question s’adresse à vous personnellement. Comment allez-vous ?»
Le président ukrainien amorce une réponse tout en diplomatie sur Macron : «Beaucoup de Français soutiennent l’Ukraine. Ils ne soutiennent pas le narratif russe. Après, si votre prochain président épouse le narratif russe, ce sera un très gros problème pour nous.» Certes. Mais ce n’était pas la question de Gasnier. Il voulait du «perso».
Il relance. «Comment allez-vous psychologiquement ?» Zelensky, un instant surpris : «Moi ? Ça va. Vous en pensez quoi ?» Premiers rires dans la pièce. Gasnier : «Vous semblez fatigué. − Ne me regardez pas, alors !» Zelensky rit à son tour. Incroyable ! Churchill plaisante ! «Merci beaucoup. On est tous fatigués en Ukraine. Mais il faut qu’on fasse notre boulot, pour défendre nos droits. On est tous dans le même bateau. Fatigués, mais forts.» En anglais : «Tired but strong.»
L’animateur Yann Barthès, au retour plateau après le reportage : «Je crois que je l’avais jamais vu sourire. Et c’est bien, de le voir sourire.» Gasnier : «Et surtout, très généreux avec les journalistes qui l’interviewaient.» Et il répète, pensif : «Tired but strong.»
Décryptage Volodymyr Zelensky à la tête de l’Ukraine : quatre ans de présidence de guerre, et après ?
«C’est bien de le voir sourire» : Barthès est he
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