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Trump, Nétanyahou et l’Iran : qui sème le vent…

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02.03.2026

Et si l’opération militaire lancée sur l’Iran par Donald Trump et Benyamin Nétanyahou devenait hors de contrôle ? Les deux leaders ont entrepris de redessiner la carte du monde en fonction de leurs intérêts, sans aucune concertation avec le reste de la communauté internationale et au mépris total des règles du droit. Et on en voit le résultat aujourd’hui : au fil des jours, le conflit s’étend, menaçant de s’internationaliser.

Certes, en éliminant samedi Ali Khamenei, le Guide suprême iranien, les deux hommes ont débarrassé la planète d’un tyran sanguinaire qui opprimait son peuple et tirait bon nombre de ficelles du terrorisme mondial. Mais ont-ils bien mesuré les risques de chaos local, régional voire international que cela pouvait engendrer ? Le risque d’embrasement d’un monde en surchauffe où la moindre étincelle peut se révéler fatale ? Donald Trump a cru qu’il pourrait renouveler en Iran l’opération menée en début d’année au Venezuela, quand il avait kidnappé le président Nicolás Maduro en quelques heures pour laisser s’installer à sa place la vice-présidente, plus conciliante. En Iran, c’est différent : le régime est affaibli, mais il tient car il a anticipé les assassinats ciblés, à tous les niveaux. Et même s’il tombait, l’opposition iranienne serait-elle prête à prendre le relais alors qu’elle semble désorganisée ? Rien ne l’indique. Après que l’Iran et le Hezbollah libanais ont dit vouloir «venger» la mort d’Ali Khamenei, Donald Trump a affirmé, sur le même ton, vouloir «venger» les premiers militaires américains tués dans ce conflit. Où va-t-on comme ça ? Vers un retour au Far West ?

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Le problème de Trump, c’est qu’il a besoin de résultats rapides. Les midterms – élections de mi-mandat – approchent et ses partisans ne supporteront pas un enlisement à l’international (qu’il avait exclu lors de sa campagne), encore moins la mort de boys. C’est pour lui quitte ou double. Le régime iranien, lui, a malheureusement compris qu’il avait intérêt à impliquer dans la guerre les monarchies pétrolières du Golfe, et à menacer de bloquer le détroit d’Ormuz afin de perturber au maximum le commerce international, le trafic aérien et les marchés financiers. Et d’ainsi nourrir le ressentiment des opposants à Trump. Quant à Nétanyahou, il a profité des tirs de roquettes insensées du Hezbollah pour noyer le Sud-Liban et jusqu’à Beyrouth sous les bombes. Le Premier ministre israélien qui, après avoir anéanti Gaza, veut recomposer le Proche-Orient à sa main, a poussé Trump à intervenir en Iran. Il sait que la poursuite de la guerre est l’unique façon de garantir sa réélection à l’automne prochain.

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