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Personnes LGBT+ à la campagne : «Je voulais avoir une qualité de vie, quitte à sacrifier les possibilités de rencontres»

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Nicole se rappelle très bien de son «déclic». En 2011, cette bergère se déplace en tracteur dans son village basque de Saint-Etienne-de-Baïgorry, 1 500 habitants à une heure de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques). Dans les petites ruelles de maisons blanches aux colombages rouges, une voiture se met sur le côté pour la laisser passer. Fenêtre entrouverte, bonjour de la main, beau sourire. «Mon cœur est parti. Pendant les 500 mètres qui me séparaient de la maison, j’étais ailleurs. Je me suis dit : t’es folle, c’est une femme», lâche-t-elle.

Nicole y pense pendant huit jours. Lui revient en tête la seule histoire avec un homme qu’elle ait eu, à la vingtaine. La première année à s’embrasser, la deuxième à «céder, par corvée, sans aucun plaisir». La troisième à le quitter. Cette belle inconnue rend tout clair : Nicole est lesbienne. Aujourd’hui, l’agricultrice de 58 ans en est certaine : «Si je l’avais su jeune, je serais partie en ville.»

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