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Municipales à Paris : entre Grégoire et Dati, l’ombre d’Hidalgo

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26.02.2026

Et s’ils avaient en réalité le même problème ? A ma gauche, Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à la mairie de Paris. A ma droite, sa principale concurrente, Rachida Dati, ministre sortante de la Culture, maire LR du VIIe arrondissement. Leur problème commun ? Le bilan d’Anne Hidalgo, la maire PS sur le départ. Il est loin d’être parfait, la ville perd des habitants, le prix de l’immobilier, comme dans toutes les grandes capitales, reste un facteur insupportable d’exclusion, et les finances sont dans la zone rouge. Mais l’ancienne candidate PS à la présidentielle va tout de même quitter ses fonctions en laissant derrière elle une ville qui, dans la veine tracée par les années Delanoë, a poursuivi pour le mieux une indéniable mutation écolo, est redevenue une capitale de la fête, et, bien sûr, profite aujourd’hui à plein régime d’une séquence olympique qui a frôlé le sans-faute.

Ce bilan globalement positif, Emmanuel Grégoire en est l’héritier politique, malgré sa rupture humaine avec Anne Hidalgo. Il se retrouve donc à devoir à la fois assumer et se distinguer, promettre d’une certaine façon un changement dans la continuité, ce qui n’est jamais aisé. Rachida Dati ? C’est pareil, le bilan d’Anne Hidalgo lui colle à la peau. Sauf à braquer un électorat modéré qui ne regrette pas les années du tout bagnoles, elle ne peut pas flinguer le bilan de sa sœur ennemie façon snipeuse. Ce qui est pourtant son registre préféré dans l’opposition municipale. Pas facile pour elle de changer son attitude, de cesser de se caricaturer pour se montrer à la hauteur de la fonction qui peut-être l’attend.

Sa sortie du ministère est par ailleurs l’occasion de bilans plus qu’en demi-teinte, qui redonnent vie à son image de grande parleuse, petite faiseuse, avec en sus des affaires non négligeables en cours avec la justice. Elle se retrouve malgré tout aujourd’hui à porter les espoirs d’une droite parisienne à l’agonie depuis vingt-cinq ans. Et si Paris n’est pas la France, sa victoire prendrait évidemment une dimension nationale. Rachida Dati parle de l’élection de sa vie. Celle d’une bête politique, certes. Mais dont les parrains (Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron) n’étaient jamais très loin. Est-ce pour ça qu’elle donne paradoxalement le sentiment d’être un peu seule, quand elle aurait besoin d’avoir toute une équipe derrière elle ?

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