Municipales 2026 : à Marseille, une victoire du RN marquerait un coup d’arrêt fatal
«Paris n’est pas la France, mais…», a-t-on coutume d’entendre dans le débat politique. Et si, avant le scrutin municipal qui approche à grands pas, la formule s’appliquait de manière un peu paradoxale davantage à… Marseille. «Marseille n’est pas la France, mais…» C’est a priori contre-intuitif, tant la ville portuaire ouverte sur la Méditerranée cultive ses différences et son identité spécifique. Voire s’est longtemps, en partie, construite en opposition au reste du pays… Et pourtant, les 15 et 22 mars au soir, c’est sans doute vers Marseille que l’on se tournera prioritairement pour tirer des enseignements nationaux de ce scrutin local.
Le maire sortant, l’ancien socialiste Benoît Payan, a évidemment raison quand il explique dans l’entretien exclusif qu’il a accordé à Libération qu’une victoire du RN à Marseille serait «un séisme pour le pays». D’abord parce que Marseille est la deuxième ville de France. Ensuite parce qu’elle concentre, dans son visage souriant comme dans ses faces plus sombres, pas mal de thématiques qui bousculent l’identité politique française : la pauvreté, la sécurité, l’immigration, le logement, la place des services publics et de l’école en particulier. A un an de la présidentielle, une victoire du RN à Marseille en dirait effectivement très long… L’inverse, c’est-à-dire une victoire de la gauche, aussi.
A Marseille, la gauche face aux fantômes du RN : «On ne les voit pas sur le terrain»
Si tous les regards se tourneront vers Marseille, c’est aussi parce qu’à gauche comme à droite, le poids respectif des uns et des autres à l’issue du premier tour pèsera lourd dans les questions électriques au moment des alliances, des fusions, des désistements, des digues entre droite et extrême droite ou entre gauche et gauche radicale.
Reste que toutes ces questions que les électeurs marseillais devront se poser n’auront de sens qu’une fois qu’ils auront répondu à une autre question : est-ce que leur ville va mieux aujourd’hui qu’il y a six ans ? Après des années et des années de clientélisme, d’affairisme, d’immobilisme, la réponse est oui. Le bilan de la majorité sortante n’est pas parfait, le narcotrafic y est plus qu’ailleurs une plaie, mais du côté des écoles, des transports, des préoccupations environnementales, de la culture, avec bien sûr l’aide financière de l’Etat du plan «Marseille en grand», la ville a entamé sa transformation. Une victoire de l’extrême droite y serait donc un séisme national mais aussi un coup d’arrêt local fatal.
Municipales 2026 : à Marseille, une victoire du RN marquerait un coup d’arrêt fatal
Pablo Neruda sur le bureau d’Emmanuel Macron : symbole anti-Trump ?
Au Moyen-Orient, les civils victimes d’une folie vengeresse
Guerre en Iran : le contrecoup économique d’un conflit qui peut durer
