Logorrhées politiciennes : à la recherche des mots perdus, par Lola Lafon
C’est une petite phrase en voie de disparition, qu’aucune personnalité politique ne prononce jamais : je cherche mes mots. C’est une quête, l’annonce d’une brève hésitation dont tous.tes se gardent comme on le ferait d’un accès de faiblesse, d’une pathologie honteuse.
Non, en politique, on ne cherche pas ses mots. Ils sont tout trouvés. A portée de punchline, des parpaings d’affirmation pour un discours bétonné, semé de verbes-refrains. Le très couru «assumer», par exemple, qui vient du latin assumere, prendre sur soi, et qui a pour synonyme «endosser» (une responsabilité, une fonction).
On aura pu lire récemment que Jack Lang «assume pleinement» son amitié passée avec Epstein. L’ancien ministre brandit ce verbe comme on le ferait d’un acte de courage, d’une preuve de grandeur d’âme. Pauvre petit «assumer», rendu à dire le contraire de ce qu’il signifie ; pauvre verbe qu’on tord pour dire poliment que les milliers de témoignages de jeunes filles aux vies sacrifiées, on s’en fiche.
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