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Les noms, c’est comme les gens, c’est singulier, et c’est pluriel, par Tania de Montaigne

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03.03.2026

Il m’est souvent arrivé que des gens disent en me voyant après avoir lu mon nom : «Ah, bah ! je ne vous voyais pas comme ça !». La majeure partie du temps, dans ce «comme ça» il faut entendre, «de cette couleur-là», il faut entendre, «ce nom-là n’est pas un nom de noir», il faut entendre «vous n’êtes pas telle que je l’imaginais». Et, après tout, quelle que soit la couleur de peau, c’est assez rare qu’une personne soit telle qu’on l’imaginait.

Le fait est que, moi non plus, je ne les voyais pas «comme ça» parce que in fine, c’est compliqué de deviner quelqu’un juste à partir de son nom. C’est même totalement impossible. De même qu’il est assez ardu de déduire les pensées, les élans, le sens moral, les amours et les détestations de quelqu’un sur la base de son état civil. Et pourtant, certaines, certains s’enorgueillissent de pouvoir déceler le vice ou la vertu rien qu’à partir d’un patronyme.

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«Je ne vous voyais pas comme ça», la phrase est intéressante parce qu’elle dit bien plus de celui ou de celle qui la prononce (ses fantasmes et ses préjugés), que de celle ou de celui à qui on l’a dit. De tout temps, on a rêvé de pouvoir deviner quelqu’un, à partir de rien, un Autre forcément trouble, opaque, obscur qu’on voudrait rendre transparent. De tout temps, on a cherché des solutions pour clarifier les choses, et chacun sait comme c’est important de clarifier les choses et plus important encore de clarifier les gens. Ne voit-on pas mieux quand tout est clair, net, rangé ?

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