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Guerre en Iran : le contrecoup économique d’un conflit qui peut durer

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Le détroit d’Ormuz, porte d’entrée vers le Golfe persique : une bande de mer étroite où circulent toute l’année de vastes pétroliers, des porte-conteneurs, des navires militaires et de frêles boutres, des embarcations de pêcheurs servant à toutes sortes de contrebandes. Et autour, toujours, les vedettes des Gardiens de la révolution iraniens interpellant les équipages, plus ou moins menaçants selon la température géopolitique du moment.

Avec l’offensive israélo-américaine en Iran, les frappes de Tsahal sur le Liban et la riposte iranienne sur toute la région, la tension n’a sans doute jamais été aussi élevée. L’attaque qui a tué le Guide suprême iranien n’a pas fini d’engendrer une série de secousses qui vont perturber la région et le monde.

Les Gardiens de la révolution bloquent déjà la circulation dans le détroit d’Ormuz, perturbant le trafic de pétrole, de GNL et de marchandises : une menace maintes fois brandie, mais désormais bien réelle. L’offensive lancée par les Israéliens et les Américains pourrait avoir des conséquences inattendues. Mais peut-être pas si incalculables : elles se chiffrent déjà en milliards de dollars de pertes, et peut-être demain en inflation et en marasme économique. Les compagnies aériennes et les armateurs en font les frais. Dans un scénario optimiste, cette guerre s’arrêtera après quelques jours et l’économie mondiale se remettra du choc.

Mais les dirigeants iraniens savent que, face à un Donald Trump impatient, le temps joue en leur faveur. Faire durer le supplice, même au prix de bombardements massifs contre leur propre population, en attaquant des cibles «molles» dans les pays voisins - hôtels et infrastructures énergétiques - et en entravant le trafic maritime mondial. Une stratégie pour maximiser le coût de la guerre. Inflation, ralentissement des échanges, relèvement des taux par les banques centrales, hausse des coûts des crédits : voilà la spirale infernale d’une crise mondiale. Sans que l’on en soit encore là, bien plus que les vies humaines ou l’équation géopolitique, la donnée économique est la seule susceptible de convaincre Donald Trump de mettre fin à la guerre.

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