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Au Moyen-Orient, les civils victimes d’une folie vengeresse

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Donald Trump risque d’avoir de plus en plus de mal à nier que Benyamin Nétanyahou a joué un rôle moteur dans le lancement de la guerre contre l’Iran. Certes, le président américain a de gros intérêts politico-économiques au Moyen-Orient, et l’idée de couper le robinet du pétrole iranien à son grand rival chinois le met certainement en joie, mais il ne se serait sans doute pas engagé dans une opération à ce point aventureuse si le Premier ministre israélien ne lui avait pas mis une forte pression. La fameuse «guerre des douze jours» lancée par les deux leaders contre l’Iran en juin s’était arrêtée à l’initiative de l’Américain qui considérait que c’en était assez. Au grand dam de l’Israélien qui aurait bien continué à pilonner les sites nucléaires et balistiques. Ce goût d’inachevé – et surtout l’envie d’apparaître comme un chef de guerre à l’approche des élections – a poussé ce dernier à insister lors de ses derniers passages aux Etats-Unis, et peut-être Trump a-t-il vu aussi dans cette nouvelle offensive le moyen de faire diversion alors que le scandale Epstein se rapprochait de lui.

Pour Netanyahou, l’objectif de cette guerre est double : débarrasser le pays de la menace iranienne, que les Israéliens considèrent comme existentielle, et en profiter pour laminer le Hezbollah tout en grappillant toujours plus de terrain au Liban après avoir remis la main sur Gaza. D’où l’ampleur de l’offensive israélienne lancée après des tirs de roquettes du Hezbollah. Depuis lundi, les bombardements sur le sud du Liban ont tué plus de 70 personnes et poussé près de 90 000 autres à fuir. Mercredi, la panique était totale sur les routes comme en témoigne notre envoyé spécial, et le pire n’est peut-être pas survenu puisque l’armée israélienne prépare une incursion terrestre d’ampleur dans le but d’éliminer des chefs ou des sites du Hezbollah et surtout d’occuper une partie du territoire.

La guerre au Moyen-Orient s’élargit donc chaque jour davantage et Netanyahou risque de frapper d’autant plus fort dans les jours à venir qu’il sait Trump de plus en plus fragilisé en interne par le camp Maga et qu’il voit venir le moment où celui-ci devra, comme en juin, mettre un terme à la guerre… si c’est encore possible, vu la folie vengeresse qui s’est emparée de la région.

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