Des mots, des chiffres, un anar
Je me l’étais promis: «Ne parle plus de la canicule, tout en a déjà été dit, tu ne pourrais rien en dire de plus qui vaille d’être dit.» Et puis voilà que des dizaines d’organisations, dont quelques-unes me comptent au nombre de leurs membres, et des centaines de camarades, m’invitent à manifester samedi 19 septembre contre des «étés à 50 degrés». Parce que des étés à 49 degrés seraient acceptables? Serait-ce une nouvelle forme rituelle des appels à la mobilisation lancés en Suisse, que de fixer des limites quantitatives à ne pas dépasser: pas plus de dix millions d’habitants, pas plus de 50 °C?
Est-ce parce que nos adversaires aiment moins les mots que les chiffres qu’il conviendrait de les imiter? Ils s’en servent pourtant, des mots – mais pour leur enlever leur sens, ou le changer. Leur faire dire le contraire de ce qu’ils signifient – ou ne rien leur faire dire du tout, pour faire place nette aux chiffres qui ne disent rien non plus, sinon ce qu’on veut leur faire dire. D’où la passion de la droite pour des exercices budgétaires dépouillés de leurs contenus politiques et réduits aux........
