L’Occident déboussolé
L’Occident a la cote… au niveau éditorial, s’entend! Faut-il y voir un chant du cygne? Croisons – pour le savoir – les regards très distincts du conservateur populiste et nationaliste québécois Mathieu Bock-Côté, du social-libéral français Frédéric Martel et du communiste italien Luciano Canfora.
Dans Les Deux Occidents. De la contre-révolution trumpiste à la dérive néosoviétique de l’Europe occidentale (2025), Bock-Côté tient pour déchu l’ordre libéral-technocratique né de la chute du mur de Berlin. Le Brexit, les succès électoraux du Rassemblement national, le trumpisme – entre autres – auraient eu raison du cycle ouvert en 1989. Ses deux Occidents sont donc, d’un côté, les Etats-Unis façon Trump – réhabilitant les frontières, rejetant «l’idéologie diversitaire» –, de l’autre, l’Europe postnationale, «extrême-centriste», à la fois autoritaire et fétichiste de l’Etat de droit. Aussi un «nouveau rideau de fer» séparerait-il désormais les deux rives de l’Atlantique.
Pour Frédéric Martel également, l’idée d’un Occident unifié ne tient plus. D’où le pluriel de son essai: Occidents. Enquête sur nos ennemis (2026). Pour le sociologue, l’Occident n’est pas une compilation de nations, mais un catalogue de valeurs (démocratie, pluralisme, droits humains, liberté d’expression) – battues en brèche par trois catégories d’ennemis: les populistes droitiers (Trump, Milei), auxquels........
