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Kamel Daoud, diable gonflable pour régime à bout de souffle

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29.04.2026

Ne jamais rien attendre, voilà un secret du bonheur. La dépression étant, au fond du fond, une maladie des espoirs déçus, sa première prophylaxie consiste à ne pas en former. Soit ce qu’explique sans doute mieux que personne le psychiatre darwinien Randolph Nesse, en exposant par la même occasion l’un des atouts proprement thérapeutiques d’une appréhension évolutionnaire du monde. Sorte de stoïcisme scientifique, elle enseigne le détachement, la conscience qu’au bout du compte il n’y a qu’un objectif à avoir dans la vie : faire en sorte de pouvoir s’y adapter.

Sauf que voilà, j’ai beau avoir tout cet attirail en poche, j’ai beau savoir qu’il n’y a pas grand-chose à craindre ni à déplorer quand on a de quoi comprendre, en apprenant la condamnation en Algérie de Kamel Daoud à trois ans de prison pour avoir écrit Houris, monument littéraire aux morts de la guerre civile, le fait est que j’ai été aspirée dans un tourbillon de mélancolie dont j’ai encore du mal à me désengluer.

Par effet de surprise, alors ? Non, car cela supposerait encore une attente, celle d’avoir cru le pouvoir algérien capable........

© Le Point