La France et les tours, histoire d’un désamour
Une métamorphose. Contre un peu plus de 600 millions d’euros, la tour Montparnasse, ainsi que l’ensemble immobilier auquel elle appartient, s’apprête à faire peau neuve. D’ici à 2030, l’édifice de 210 mètres sera coiffé d’une serre agricole bioclimatique et aura troqué sa robe marron-noire monolithique contre une parure de verre plus lumineuse. La fermeture de l’édifice parisien est prévue pour le 31 mars et les travaux devraient démarrer à l’été.
Une rénovation, et bientôt, la réconciliation ? Rien n’est moins sûr. « Veuve noire », « balafre », « verrue architecturale », « funeste candélabre »… La tour Montparnasse collectionne les sobriquets et reste le monument mal-aimé de la capitale depuis son inauguration en 1973, bien qu’elle ait été défendue bec et ongles par l’illustre ministre de la Culture André Malraux. Ses contempteurs lui reprochent son esthétique brutaliste, typique des années 1960-1970, et surtout de défigurer la perspective parisienne, caractérisée par ses immeubles haussmanniens de 5 à 6 étages seulement.
Devenue le symbole du désamour des Français pour les gratte-ciel, cette tour a fini par instaurer un véritable réflexe pavlovien : aujourd’hui, tout nouveau projet de grande hauteur se heurte d’emblée à une levée de boucliers. À Paris, la verticalité n’est tolérée qu’au quartier d’affaires de La Défense. En dehors de ce périmètre, la polémique est systématique, comme en témoigne la tour Triangle (180 m), en chantier malgré les contestations. Le phénomène n’épargne pas les métropoles régionales : si Marseille a vu sortir de terre les tours CMA CGM (147 m) et La Marseillaise (122 m), à Toulouse, le projet de la tour Occitanie demeure un point de friction majeur au cœur........
