Fils de colons, le péché de naissance que Mélenchon tente de « réparer »
Est-ce que Mélenchon a bien affirmé, à Marseille, que ses parents ont été « enterrés à la fosse commune » ? Oui. La déclaration, peu reprise par les médias lourds, fait le buzz sur les réseaux sociaux, où l’on parle de « faux » ou d’ingratitude filiale.
Encore une fois, le sujet de son roman personnel devient intéressant, même si l’on doit prendre des précautions que lui ne prend pas. En mettant en avant ses « origines », Mélenchon braque la réflexion sur son dilemme le plus intime, peut-être : comment séduire à la fois l’électorat issu de l’immigration maghrébine, héritier de la décolonisation ou s’en revendiquant, et être un fils de colons qui a grandi à Tanger ? Deux solutions : le nier ou le faire oublier.
La stratégie de la post-vérité
Mélenchon vient d’opter pour l’invraisemblable, selon ses détracteurs. Il a raconté, lors de son premier meeting comme candidat à la présentielle de 2027, que des Français l’ont traité de « bougnoule » après son retour en France. « Ma vie comme la vôtre », répéta-t-il en expliquant que ses parents « n’étaient pas des colons ». Et que, « arrivés pauvres, ils sont morts pauvres et sont enterrés à la fosse commune ».
Certains rappellent vite que ses parents sont décédés en 2006 pour sa mère et 2007 pour son père, alors qu’il était déjà sénateur depuis vingt ans, avec une indemnité qui le plaçait très loin de la misère qu’il invoque. Mais cela suffit-il pour le démentir ? À peine. À l’ère de la post-vérité, Mélenchon semble avoir choisi une stratégie qui présuppose des électeurs émotifs, porteurs d’une douleur, mais assez naïfs pour avaler une prouesse de scène.
Mélenchon est pourtant le........
