Décennie noire en Algérie : l’Histoire sous haute surveillance
Lors de sa rencontre avec certains médias à Alger le 2 mai, le président algérien Abdelmadjid Tebboune évoque ma lettre au pape Léon XIV, publiée dans Le Point, et indirectement ma condamnation à trois ans de prison ferme après un procès extrajudiciaire, le roman n’ayant jamais été publié en Algérie. Cette peine a été prononcée en application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, au nom de la loi qui impose l’oubli structuré de la guerre civile algérienne des années 1990, dite « décennie noire ». Il expose sa théorie de la liberté d’expression et atteste d’abord la nature politique du jugement porté sur le roman Houris – publié en 2024 – ainsi que la prise en charge directe, par la présidence algérienne, de ce dossier.
Verbatim extrait de cette rencontre télévisée : « La liberté d’expression est garantie dans notre pays lorsque ce sont vos idées à vous. Lorsque vous n’êtes pas le porte-parole de quelqu’un à qui j’ai fermé la porte et qui me revient par le vasistas… ou bien qui est envoyé pour faire de l’agitation […]. Les gens qui voient que la visite du pape chez nous est une humiliation pour eux, où est la liberté d’expression dans ça ? Nous sommes une société de respect mutuel. Même la loi de la réconciliation porte un article qui interdit toute parole sur ce qui s’est passé durant la décennie noire. Pour que la blessure reste fermée. Si on ouvre cette blessure, puis une autre, puis une autre… tu veux donc faire s’effondrer cet État ?........
