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Algérie : la mémoire juste peut-elle survivre à la rente ?

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08.05.2026

Ironie du moment : alors qu’une annonce d’Emmanuel Macron se prépare sur le souvenir du 8 mai 1945 en Algérie et les massacres de Sétif, Abdelmadjid Tebboune visite la Turquie dans le faste. Au fond, tout cela est l’exact contraire de ce que Ricœur appelait une « mémoire juste » : non pas une mémoire du ressentiment et de la rente, mais une mémoire qui affronte l’ensemble du passé, dans sa vérité, pour rendre justice aux victimes sans fabriquer de nouvelles propagandes.

L’Occident a inventé l’archive massive et, sans le vouloir, il a inventé la culpabilité exclusive. Ainsi pour l’esclavage ou la colonisation. Pour l’esclavage, l’ONU vient de consacrer dans une résolution que la traite transatlantique des Africains réduits en esclavage est « le plus grave crime contre l’humanité », crime emblématique de l’Occident et de l’Atlantique. Et la traite négrière arabe, par exemple, avec ses siècles de déportations, de meurtres, de castrations ? Rien, ou presque : pas de traces massives, pas de grande archive, donc pas de mémoire publique.

Autant pour la colonisation en Algérie : la colonisation est devenue, dans le récit officiel, un acte unique, exclusif........

© Le Point