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Taxer le temps perdu, quelle bonne idée !

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05.05.2026

Le temps perdu – Proust nous pardonnera – est un fléau. Non pas le temps que l’on dilapide volontairement, mais celui que d’autres nous confisquent. Files d’attente interminables, plateformes téléphoniques labyrinthiques, rendez-vous administratifs reportés, trains en retard, services clients injoignables, interfaces numériques absurdes : la société entière désespère de ces temps, parfois très longs, de patience contrainte. Chacun fait ponctuellement cette expérience banale d’une demi-heure gaspillée, sans recours, sans responsable, sans compensation.

Et si l’on inversait la charge ? Après le principe du « pollueur-payeur », pourquoi ne pas instaurer un « retardeur-payeur » ? À chaque minute indûment soustraite à l’usager, une compensation automatique. Non pas sous forme de geste commercial aléatoire, concédé après réclamation et parcours du combattant, mais selon un barème clair et opposable. Au-delà de dix minutes d’attente, un crédit. Au-delà de trente, un remboursement partiel. Au-delà d’une heure, la gratuité du service, voire une indemnité. Le temps redeviendrait une valeur comptable et négociable.

Dans les transports, du moins dans certains........

© Le Point