Dure année en vue pour les souverainistes
La souveraineté à un niveau aussi bas, je ne me souviens pas avoir vu cela. La souveraineté à un niveau aussi bas chez les électeurs francophones, je ne m’en souviens pas non plus. Cela survient à quelques mois d’une élection pour laquelle le chef du PQ s’est engagé, la main sur le cœur, à tenir un référendum sur l’indépendance s’il est élu.
Depuis deux ans, le PQ vogue bon premier dans les sondages. Les prochains mois risquent d’être plus houleux. Paul St-Pierre Plamondon a beau tempérer son langage et modérer son ton, l’idée d’un référendum sur l’indépendance dans le prochain mandat rebute beaucoup d’électeurs. Il reconnaît l’avoir entendu dans le porte-à-porte.
Le chef du PQ n’avait pas apprécié les conseils de son prédécesseur Lucien Bouchard, qui lui suggérait de ne pas s’encarcaner dans une promesse référendaire trop rigide. PSPP tenait à se démarquer des anciens chefs péquistes qui louvoyaient quant à leur feuille de route vers la souveraineté dans le passé.
Il tenait à être clair et affirmatif pour garder cette image de chevalier intègre et courageux qui a fait son succès jusqu’à maintenant. Le problème, c’est que Lucien Bouchard parlait peut-être avec sagesse. S’attacher les mains en politique peut coûter cher... le contexte change si vite.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
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Pour quiconque croit à l’idéal souverainiste, le bien-fondé ne change pas avec les aléas de l’actualité internationale. Cependant, lorsqu’il s’agit d’embarquer la majorité d’une population dans un projet, il faut certainement garder à l’esprit que le contexte peut influencer l’état d’esprit.
Il y a des états d’esprit propices au changement, des moments d’optimisme ambiant où, collectivement, nous pouvons avoir le sentiment que tout est possible. Il y a d’autres moments où l’état d’esprit est plus pessimiste ou anxieux, où le sentiment général en est un de prudence face à trop d’inconnu et de menaces.
J’ai participé au référendum de 1995. Parlons de l’époque. La décennie précédente avait vraiment donné l’impression que l’histoire s’accélérait dans le bon sens. La chute du mur de Berlin en 1989 a symbolisé l’effondrement du rideau de fer et la fin de la division de l’Europe.
Deux ans plus tard, la dissolution de l’Union soviétique mettait officiellement fin à la Guerre froide. Le monde passait d’une division tendue sous menace nucléaire à un nouvel ordre international dominé par l’espoir que la démocratie libérale et l’économie de marché allaient progressivement s’étendre partout.
Dans le même esprit, la fin de l’apartheid en Afrique du Sud et l’élection de Nelson Mandela en 1994 ont incarné la victoire pacifique contre un régime d’oppression raciale. Des dictatures sont tombées, de nouveaux pays sont nés dans cette période du « tout est possible ».
Aujourd’hui, les péquistes ont la tâche ingrate de vendre l’indépendance dans une période de guerre, de réarmement nucléaire, avec les menaces de Trump qui pèsent sur le Canada.
Les adversaires de PSPP n’ont pas besoin d’inventer des épouvantails pour créer l’inquiétude...
