menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Une autre Révolution tranquille? Mais laquelle?

40 0
12.03.2026

Le Québec est une des juridictions les plus endettées et les plus surréglementées.

Avec autant d’argent envoyé aux gouvernements et autant de fonctionnaires pour veiller sur nous, nous devrions avoir la Cadillac des services publics, non ?

Pourtant, on craint de tomber malade, nos enfants surmédicamentés sont incapables de situer l’Iran sur une carte (pas grave, ils demanderont à ChatGPT), et nos routes semblent avoir été bombardées.

Mais le gouvernement va quand même donner encore plus d’argent aux médecins sans rien obtenir en retour.

Pendant que les familles d’ici cherchent une place en garderie subventionnée, la Cour suprême oblige le gouvernement à en faire bénéficier les demandeurs d’asile, dont beaucoup contournent tout simplement la liste d’attente normale de l’immigration légale.

Parce que nous sommes au Canada, nous finançons aussi deux ministères de l’Environnement, deux ministères de l’Immigration, deux ministères du Revenu, etc.

En 2026, la Banque de Montréal prévoit que le Québec aura la plus faible croissance de toutes les provinces.

Coudonc, ce n’était pas censé être payant, le Canada ?

Le gouvernement Legault, lui, a battu tous les records en matière de déficits et prétend se donner quatre ans pour revenir à l’équilibre budgétaire.

Scoop pour vous : il n’a aucune idée des mesures à prendre pour y parvenir, et, de toute façon, il va léguer ce cadeau de Grec au prochain gouvernement.

Et le fromage commence à peine à gratiner.

À partir de 2030, selon la plus récente étude de la Chaire en fiscalité et en finances publiques (CFFP) de l’Université de Sherbrooke, le Québec ne pourra maintenir son niveau ajusté de dépenses actuelles (on ne parle même pas ici de dépenser plus) sans retomber mécaniquement dans des déficits structurels de plus en plus lourds.

Pourquoi ? Parce qu’il y aura de plus en plus de gens âgés, qui seront plus malades, et une proportion moindre de travailleurs.

Les immigrants ne sont pas une solution parce qu’ils gardent pour eux la majeure partie de la richesse qu’ils créent, tout en coûtant beaucoup plus chers en services publics que leur contribution fiscale, du moins pour leurs premières années.

Tout cela est parfaitement documenté, notamment par l’économiste Pierre Fortin.

Mais les faits ne doivent jamais barrer la route aux bons sentiments, surtout pas pour cette frange de notre gauche en état de mort cérébrale, mais qui respire encore.

De faire encore plus de ce qui ne marche pas, de se cramponner aux recettes de 1993.

Le « modèle » québécois, comme on l’a longtemps appelé, est brisé au-delà du réparable.

La prochaine Révolution tranquille devra se faire en tournant le dos aux recettes du dernier demi-siècle.

Et elle ne devrait pas être trop tranquille. Sinon, nous sommes foutus.

En 2005, nous avions été une douzaine de personnes à signer le Manifeste pour un Québec lucide.

Nos soucis à l’époque : croissance, endettement, taxation, démographie, éducation, productivité, etc.

La population fut avec nous, le commentariat pseudo-éclairé fut contre nous.

À quelques détails près, nous étions simplement en avance sur notre temps.


© Le Journal de Québec