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La recette de Legault: dix ans à tourner en rond

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03.04.2026

François Legault a prononcé son dernier discours à l’Assemblée nationale plus tôt cette semaine.

On peut lui reconnaître une chose : il aura été engagé, convaincu et déterminé à laisser sa marque. Mais sur le plan économique, jusqu’à la toute fin, François Legault s’est entêté dans une vision dépassée, où l’État veut tout décider, tout gérer et tout diriger.

On cite souvent Einstein : faire toujours la même chose en espérant un résultat différent, c’est de la folie. François Legault n’est pas fou.

Mais s’accrocher à l’idée que tout se pilote depuis un bureau à Québec, ça ressemble dangereusement à de l’aveuglement.

Une expérience dispendieuse

J’ai croisé François Legault dans les locaux du Journal en novembre dernier. Il venait nous présenter sa nouvelle « vision économique ».

En réalité, c’était la même recette que d’habitude. Celle qui n’a jamais livré ce qu’on nous promettait.

Je l’ai questionné sur son désir constant de contrôler l’économie. Aucune remise en question.

Une chose est sûre : les années Legault auront servi à nous montrer ce qu’il ne faut pas faire. Une expérience politique menée avec nos impôts et mettant en jeu notre avenir collectif.

Un apprentissage, oui.

Un apprentissage cher payé à coup de subventions, de prêts pardonnables, d’investissements millionnaires risqués. Le Journal chiffrait récemment qu’au cours de ses sept années de pouvoir, le gouvernement Legault a engouffré 6,4 milliards de dollars dans le Fonds de développement économique du Québec (FDE) en vue d’y couvrir les déficits annuels, les pertes et les créances douteuses.

Il y a trois grandes leçons à tirer de cette décennie de dilapidation d’argent public.

Première leçon : personne, aussi brillant soit‐il, ne peut comprendre et prévoir les millions de décisions quotidiennes qui font fonctionner une économie

Combien de batteries, de serres, d’autobus électriques ou de gadgets subventionnés seront achetés demain ?

Deuxième leçon : la transparence

Pendant que les Suédois analysent publiquement leurs erreurs dans le dossier Northvolt, les Québécois sont laissés dans le noir.

On a confié des milliards à des fonctionnaires sans mécanismes clairs de reddition de comptes. À voir les résultats, l’analyse de risques a été soit bâclée, soit carrément ignorée.

Une politique industrielle aussi agressive, sans surveillance rigoureuse, ouvre la porte aux mauvais paris et aux passe‐droits.

C’est inacceptable dans une démocratie.

Troisième leçon : les vraies priorités oubliées

Pendant que le gouvernement distribuait ses chèques aux multinationales, il négligeait les besoins de base.

– l’éducation manque d’argent,

– les routes et les infrastructures se dégradent,

– les PME étouffent sous la paperasse et les taxes,

verser des centaines de millions à quelques grandes entreprises, c’est poser un diachylon sur une plaie ouverte.

La vision économique de François Legault repose sur un mauvais diagnostic et une mauvaise compréhension du rôle de l’État.

Oui, c’est moins attirant de réparer des routes, des écoles et des hôpitaux.

Mais aucun développement économique durable n’est possible quand ces missions essentielles sont négligées.

Voilà un terrain où François Legault aurait dû s’entêter. Un peu plus.


© Le Journal de Québec