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C’est un plaidoyer pour une pensée nuancée

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12.03.2026

Les propriétaires du salon de coiffure Station10 contesteront leur condamnation par le Tribunal des droits de la personne à payer 500 $ à une personne non binaire, qui se disait victime de discrimination.

Dans les circonstances, c’est de loin la meilleure décision à prendre. Rappelons que cette personne, voulant prendre rendez-vous au salon, s’était plainte de devoir choisir entre une coupe de cheveux pour homme, pour femme ou pour enfant. Ce qui ne prenait pas en compte sa propre identité.

S’en sont suivies de multiples tentatives d’accommodements plus que raisonnables de la part des propriétaires du salon. Mais rien n’y a fait.

La personne semblait en effet chercher nettement plus à créer un conflit au lieu de trouver un terrain raisonné d’entente apte, ce faisant, à respecter ses droits comme personne non binaire.

Or, la décision du Tribunal crée en plus un précédent inquiétant pour une myriade d’autres commerces.

Petits ou grands, ils risquent dorénavant d’être trouvés fautifs même lorsqu’ils « accommodent » volontairement des demandes spéciales de certains de leurs clients.

Fort sagement, les propriétaires se sont aussi dits déterminés à ne pas se laisser instrumentaliser par des mouvements de droite pour qui cette histoire frôlerait la « tyrannie » d’une minorité contre la majorité.

Pour une pensée nuancée

Ils ont donc opté pour un cabinet d’avocats plus aligné sur les « valeurs » d’inclusion et d’ouverture du salon. Ce choix est judicieux et exemplaire.

Il montre qu’on peut reconnaître les valeurs d’inclusion et de diversité en société, mais que si le sujet devient un objet de quérulence ou de contestation juridiques sans égards aux efforts constatés d’accommodement, il est important de contester.

Comme quoi, dans ce monde désespérément polarisé, les propriétaires du salon Station10 confirment qu’il est encore possible, voire essentiel, contre vents et marées, d’avoir une pensée nuancée.


© Le Journal de Montréal